Réforme de la formation : "un projet inacceptable" pour la Société des agrégés
Paru dans Scolaire, Orientation le lundi 31 mars 2025.
Le projet de réforme de la formation initiale des professeurs est "inacceptable" pour la Société des agrégés, qui reconnaît cependant "quelques progrès". Dans un communiqué du 31 mars, la SDAU réfute les propos d’Elisabeth Borne pour qui le recrutement à bac +3 permettrait d’attirer plus de candidats et d’élever le niveau de formation.
"Avec un concours organisé au cours de la troisième année de licence, beaucoup d'étudiants n'auront pas le temps d'acquérir une maîtrise disciplinaire suffisante", estime la Société. Cette baisse des exigences aura des incidences sur le vivier des candidats à l’agrégation, qui s’en trouvera amoindri, explique-t-elle.
La Société des agrégés salue tout de même le fait que "les épreuves écrites du CAPES (soient) ‘exclusivement disciplinaire’ et (que) l’une des épreuves d’admission consist(e) en ‘un exposé disciplinaire suivi d’un échange avec le jury’". Mais elle s’oppose au maintien de l’entretien de motivation qui "ne peut que conduire à des exposés artificiels et convenus, sans lien avec la maîtrise de la discipline". Et suggère que cette épreuve soit remplacée par une épreuve disciplinaire, qui pourrait prendre la forme d’un entretien à l’issue des épreuves orales.
Alors que la rémunération des élèves-fonctionnaires puis comme fonctionnaires stagiaires en M1 et M2 est présentée comme un moyen d’attirer des étudiants vers cette voie, la Société considère "qu'un système comparable aux IPES (instituts de préparation aux enseignements de second degré), où des élèves-professeurs seraient rémunérés pendant 3 ans pour préparer le CAPES, une année supplémentaire pouvant être accordée aux meilleurs d'entre eux pour préparer l'agrégation, eût été préférable". Pour rappel, les IPES (1957-1978) permettaient aux élèves-professeurs, recrutés sur concours, d'être rémunérés sur une période de trois ans en vue de passer les concours d'enseignement.
Cette réforme ne saurait suffire à répondre "à la crise du recrutement, ni au manque d’attractivité du métier de professeur au redressement nécessaire du niveau scolaire". "C'est toute une politique de revalorisation matérielle, morale et sociale qui doit être mise en œuvre simultanément", affirme la Société des agrégés qui doit être reçue "prochainement en audience au ministère". L'occasion pour elle de proposer "des solutions alternatives susceptibles d'améliorer (la réforme)".
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