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Enseignement agricole : journée de mobilisation pour protester contre le manque de moyens (entretien)

Paru dans Scolaire le mardi 25 mars 2025.

Alors que la loi d’orientation agricole, publiée au JO de ce 25 mars, prévoit de former 30 % de jeunes en plus aux métiers de l’agriculture d’ici 2030, l’enseignement agricole doit faire face à un manque de moyens avec notamment la suppression de 45 postes d’enseignants, inscrite dans la loi de finances 2025. Une journée de mobilisation est prévue partout en France. ToutEduc a interviewé Frédéric Chassagnette, co-secrétaire général du SNETAP-FSU, le syndicat national de l’enseignement technique agricole public.

ToutEduc Pourquoi avoir organisé cette journée d’action ?

F. Chassagnette – Cette journée s’inscrit dans la continuité d’un plan d’action lancé en novembre dernier, quand on a compris que le projet de loi de finances Bayrou allait remplacer, quasi à l’identique, celui de Barnier. On ne comprenait pas la précipitation de notre direction générale à infliger à l’enseignement agricole une perte de 45 ETP, dont 25 dans le public et 20 dans le privé. La réponse apportée était que c’était un moyen d’anticiper un scénario budgétaire défavorable. Nous l’avons vécu comme une injustice puis comme une incompréhension car entre-temps, le gouvernement était tombé (et la suppression des postes aurait donc pu être revue, ndlr). Nous avons continué à contester cette mesure. Mais alors que Français Bayrou revenait sur la suppression des 4 000 postes dans l’Éducation nationale, il n’en a rien été pour nous et le PLF repris par le nouveau gouvernement a acté la suppression des postes. Nous avons déposé un préavis de grève du 15 janvier, date de l’ouverture de Parcoursup, au 31 mars.

ToutEduc Quelles sont vos revendications ?

F. Chassagnette – D’abord, revenir sur la suppression de postes, dont l’enseignement agricole a besoin pour fonctionner. La note qu’on a payée aujourd’hui prend la forme d’abandon de projets, de gel de formations, ou de regroupements de classes pour que les coupes se voient le moins possible. Il s’agit à chaque fois de faire des économies. Nous n’en voulons pas à notre administration de proximité qui fait en sorte d’éviter les coupes trop brutales. Elle est par exemple conduite à limiter nos capacités d’accueil pour ne pas avoir à dédoubler les heures, mais ce n’est clairement pas une solution. Un chef d’établissement peut ainsi fixer à 19 le nombre maximum d’élèves à inscrire en première, soit au nombre exact des jeunes inscrits seconde. Mais il sera par suite obligé de refuser les élèves si davantage se présentent... Aujourd’hui, nous n’avons aucune garantie que ces élèves, y compris dans les métiers de l’agriculture, puissent être accueillis car nous faisons face à un manque de capacités.

Nous attendions la loi d’orientation agricole depuis au moins trois ans. Et l’année où nous pourrions obtenir davantage de moyens, avec des emplois, pour répondre à l’objectif fixé de former 30 % de jeunes en plus pour pallier le départ massif des agriculteurs en retraite, on nous annonce la suppression de 45 postes ! Nous exigeons de revenir sur cette décision dans le cadre d’une loi de finances rectificative afin de rééquilibrer la donne. Puis, nous demandons de pouvoir disposer sans délai d’éléments complets pour savoir dans quelles conditions nous allons pouvoir accueillir nos élèves et étudiants. Une dizaine d’emplois doit encore être déployée mais nous ne savons pas quand ni comment. Et sur le moyen terme, nous voulons à compter de 2026 un schéma d’emplois positif.

ToutEduc Quelle forme prend cette journée de mobilisation ?

F. Chassagnette – L’Intersyndicale (CGT/FO/FSU/UNSA/SUD), dans le cadre de cette journée nationale d’action, s’est adressée à l’ensemble des DRAAF (Direction régionale de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt, ndlr) pour faire entendre les revendications des personnels. Mais des opérations coup de poings sont menées en direction de cinq d’entre elles : à Rennes, Limoges, Toulouse, Dijon et Amiens. Il s’agit de faire entendre notre mécontentement pour 2025 et d’obtenir des garanties pour 2026.

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Propos recueillis par P. Kempf et relus par F. Chassagnette

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