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Enseignement agricole : des moyens largement en deçà des besoins (intersyndicale)

Paru dans Scolaire, Orientation le jeudi 20 mars 2025.

"Le décalage entre le texte de loi et les moyens alloués pose un problème majeur", affirme le député Charles Fournier (Écologiste et Social) lors de la conférence de presse organisée "en soutien à l’enseignement agricole public" avec l’intersyndicale composée de la CGT, FO, la FSU, l’UNSA et SUD.

La loi d’orientation agricole, adoptée le 20 février dernier, vise une hausse de 30% d’apprenants d’ici 2030. C’est "une ambition nécessaire puisque la moitié des agriculteurs partiront dans les années à venir, les besoins seront donc criants", dit Charles Fournier. Mais en parallèle, la loi de finances 2025 prévoit la réduction de 45 postes, "soit 30 000 heures de formation en moins", souligne le député qui interpelle sur ce "gigantesque décalage". En plus de revenir sur cette suppression, il est urgent, selon lui et l’intersyndicale, d’adapter l’enseignement agricole aux enjeux environnementaux et climatiques.

"Nous sommes inquiets face à la capacité de transmettre, partage un représentant de la Confédération paysanne, syndicat agricole qui prône une agriculture respectueuse de l’environnement. Le renouvellement des générations implique de prendre en compte l’installation et la transmission. Or, le gouvernement ne donne aucun moyen à l’enseignement qui est le premier pilier nécessaire pour former les agriculteurs qui devront faire face aux nouveaux enjeux agricoles. C’est catastrophique."

Pour l’intersyndicale, l’enseignement agricole a été oublié des politiques publiques, il est "la dernière roue du carrosse", malgré les discours et les ambitions affichées. "Depuis des années, on est sur une gestion à la petite semaine, si ce n’est d’abandon", s’indigne Charles Fournier. "On représente 2% du budget de la mission scolaire, comment peut-on compter sur nous pour faire des économies ?", dit Frédéric Chassagnette, co-secrétaire général du SNETAP-FSU, faisant référence à la suppression des 45 postes, sur laquelle n’est pas revenue François Bayrou contrairement à celle d’abord annoncée dans l’Education nationale.

Et pourtant, la demande est là, estiment les syndicats. Un travail important a été fait ces dernières années pour mobiliser des jeunes, explique Frédéric Chassagnette. "Nous avons travaillé la demande. Il reste à travailler l’offre. Mais quand les jeunes frappent à la porte, elle est fermée. Alors qu’ils en ont envie ! On a enregistré une croissance de 2% dans les filières de futurs paysans l’année dernière. Donc la dynamique reprend et c’est positif, mais ils (le gouvernement, ndl) viennent tout casser."

Pour Laurence Dautraix, l’autre co-secrétaire générale du SNETAP-FSU, la loi est en "totale contradiction" avec les enjeux écologiques et représente un véritable retour en arrière. "La référence à l’agro-écologie a été supprimée (du texte de loi, ndlr), s’offusque-t-elle. C’est très révélateur."

Ce signal d’alerte intervient en la 20e semaine nationale pour des alternatives aux pesticides de synthèse (SPAP) et une journée nationale d’action est prévue dans l’enseignement agricole le mardi 25 mars prochain.

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