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Parcoursup : satisfecit du comité de suivi, malgré quelques zones d'ombre

Paru dans Scolaire, Orientation le jeudi 20 mars 2025.

"Parcoursup et Mon Master peuvent être considérés comme des exemples du bon usage qui peut être fait (des algorithmes) dans les politiques publiques" estime le CESPM, le "Comité éthique et scientifique de Parcoursup et Mon Master" qui publie son rapport annuel. Il propose une réponse très détaillée et très pédagogique aux questions que se posent bien des acteurs "sur la transparence, sur la sélection et sur les inégalités d’accès à l’enseignement supérieur", autant de "sujets polémiques que l’on impute parfois, de façon simpliste et erronée, aux algorithmes et aux plateformes Parcoursup et Mon Master".

Ces plateformes répondent à une nécessité : "On pourrait aussi imaginer que toutes les formations aient des capacités illimitées afin que chacun puisse faire les études qu’il veut, là où il veut, ce qu’aucun pays au monde ne pratique."

De quels algorithmes parle-t-on ?

Le Comité distingue dès lors "l'algorithme d'appariement" et des processus qui sont "improprement" dénommés par certains "algorithmes locaux". Le premier "récupère les vœux des candidats", transmet la liste de ses candidats à chaque formation, récupère les classements faits par les formations, "applique si nécessaire les quotas de boursiers et les quotas géographiques" et "obtient ainsi un ordre d’appel des candidats" sans avoir jamais accès "au dossier du candidat lui-même". Le code de cet algorithme est publié, ce qui n'empêche pas qu'il soit accusé d'opacité.

Les formations ont accès aux informations de leurs candidats et il leur revient de les classer (entre les étapes 2 et 3 de l'algorithme d'appariement, ndlr). Vu leur nombre, "plusieurs centaines, voire milliers" pour chaque formation, elles ont recours à des tableurs et parfois à un OAD (outil d’aide à la décision). "Il est parfois difficile de faire comprendre aux parents que ce n’est pas l’algorithme qui a décidé de ne pas admettre leur enfant dans la formation souhaitée. C’est la formation elle-même qui est responsable de son classement. Ainsi, c’est vers la formation qu’il faut se tourner pour comprendre les raisons d’une non-admission. Pour renouer la confiance, il faudrait nettement progresser sur la transparence."

Le rapport pose une autre question, quand les candidats doivent-ils classer leurs voeux ? "La position du Comité est de privilégier un classement (par les candidats) des vœux ni trop tôt, ni trop tard. Classer trop tôt nuit au mûrissement du classement des vœux et peut provoquer de l’autocensure (...), classer trop tard ralentit considérablement la procédure (...), le Comité a recommandé à plusieurs reprises que les candidats hiérarchisent leurs vœux quelques jours après les premières réponses et il apprécie positivement la décision qui a été prise dans ce sens pour Parcoursup 2025. Les formations n’ont pas connaissances des vœux des candidats. Il est impératif de conserver cette confidentialité sous peine de fausser les classements."

Les formations sélectives

Mais les formations sélectives ne se contentent pas de classer les candidats, "elles peuvent en refuser certains (...), il est donc possible qu’une formation sélective de 50 places ayant reçu 500 candidatures n’en classe que 40". Le Comité dénonce leur "malthusianisme", elles "refusent des candidats et ne remplissent pas, ce qui les amène finalement à accepter en phase complémentaire, sur les places vacantes, des candidats qui n’auraient peut-être pas été classés en phase principale, et parfois in fine à ne pas remplir la formation". Cette pratique a provoqué une perte estimée à 12 500 places. Le Comité propose d' "exiger une publication très précise des critères qui conduisent une formation sélective à refuser d’emblée des candidats" ou de "les obliger à classer tous les candidats".

Autre sujet, l’anonymat des candidats lors de l’examen des candidatures par les formations. Les candidatures sont anonymisées, mais pas le lycée d'origine, ce qui "serait souhaitable", mais nécessiterait "une harmonisation préalable des notations par les lycées" alors que les formations qui prennent en compte le lycée d'origine "le font de façon opaque".

Le Comité s'est plus particulièrement intéressé cette année au devenir des bacheliers STMG : 20 % de ceux qui ont eu une proposition d’admission sur Parcoursup "disparaissent" en cours de procédure. Pour ces bacheliers, "avoir le bac ne suffit pas pour passer de bac-1 à bac+1 (...). Ces élèves, souvent fragiles, sont aussi ceux qui se voient proposer principalement des filières sélectives", BTS et BUT, et leur taux de réussite en licence en 3 ou 4 ans est faible : 13,8 %. En règle générale, les universités proposent des "oui si" aux candidats "les plus fragiles et en queue de classement", mais "ce sont aussi les moins motivés qui en général ne viennent pas en cours ou qui décrochent immédiatement". Le Comité cite en exemple l’université de Bordeaux qui cible désormais "les 'oui si' sur les 75 % des étudiants les mieux classés qui sont titulaires d’un baccalauréat technologique".

Quel suivi, de bac-3 à bac+3 ?

Au-delà de l'exemple les néo-bacheliers STMG, c'est la question du suivi des élèves qui est posée : Les lycées pouvaient suivre le devenir de leurs élèves sur Parcoursup "mais ne pouvaient pas croiser avec leur 'base élèves' sauf à y passer un temps considérable. Et ceci ne permettait pas d’isoler ceux qui ne sont pas admis et de les contacter pour savoir ce qu’ils sont devenus (...). Un tableau de synthèse pour les lycées est maintenant produit par Parcoursup pour leur permettre de suivre les admissions. Cet outil, très bien fait, est également précieux pour leur pilotage. Toutefois, un suivi de cohortes est absolument nécessaire pour comprendre le parcours des élèves de bac-3 à bac+3."

Le 7ème rapport annuel ici

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