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Les politiques publiques en faveur des jeunes à planifier, à mieux coordonner et cibler (Cour des comptes)

Paru dans Scolaire, Orientation le mercredi 19 mars 2025.
Mots clés : Cour des comptes

"Il convient de doter la France d’un plan stratégique en faveur des jeunes – en un mot, de planifier." A l’occasion de la présentation du rapport public annuel 2025 de la Cour des comptes portant sur les politiques publiques en faveur des jeunes et remis au président de la République ce 19 mars au soir, le message porté par Pierre Moscovici a été clair. Il faut donc planifier, mais aussi davantage coordonner et cibler les dépenses publiques en direction de la jeunesse. Un "axe structurant" manque aujourd’hui, a insisté le premier président de la Cour, pointant la "myriade de politiques plurielles" qu’il s’agit d’articuler entre elles.

Composé de quatre parties découpées en 17 chapitres, le rapport, riche de quelque 600 pages, aborde de nombreuses thématiques, allant de l’information à l’orientation, à l’accès au logement, aux transports ou au sport, jusqu’à l’entrée dans la vie active en passant par les problèmes d’addictions ou d’obésité, ou encore la Journée Défense et Citoyenneté.

53,4 milliards d'euros par an pour la jeunesse

La tranche d’âge étudiée est celle des 15-25 ans, au nombre de 9 millions en France, soit 13,2% de la population. "Mais nous sommes frappés de plein fouet par le choc démographique, a rappelé le président de la Cour. Selon l’INSEE, d’ici une dizaine d’année, (cette tranche d’âge) sera inférieure à (celle) des plus de 75 ans." Pour la Cour des comptes, s’il manque un axe structurant aux politiques ciblant la jeunesse, celle-ci n’est pour autant pas "laissée à l’abandon". Elle représente même un "enjeu massif de dépenses publiques", la Cour estimant à 53,4 milliards d’euros les dépenses de l’Etat en faveur des 15-25 ans, "soit 12% du budget de l’État et 2% du PIB". A cette somme s’ajoute "l’action des collectivités locales et des organismes de sécurité́ sociale, qu’il est très difficile d’isoler et chiffrer".

Malgré des dépenses significatives, les difficultés rencontrées sont loin d’être inexistantes. Si la jeunesse ne recouvre aucune définition juridique, elle peut se définir par les nombreuses évolutions qu’elle traverse, qu’elles soient d’ordre psychologiques, physiologiques ou sociétales. Et "sans accompagnement, ces différentes évolutions peuvent être source de vulnérabilité ou d’échec", et engendrer de nombreuses inégalités que le rapport met en exergue.

"(Les jeunes) sont particulièrement exposés aux inégalités, qu’elles soient économiques, éducatives, géographiques ou sociales, met en avant Pierre Moscovici. Par exemple, si 70% des jeunes sont durablement insérés dans l’emploi trois ans après leur sortie d’études, 16% d’entre eux en sont durablement éloignés. De même, le taux de pauvreté des jeunes de 18 à 25 ans demeure de 10% en France." C’est sans compter les inégalités territoriales qui concernent l’accès à l’enseignement supérieur, aux transports collectifs, à la pratique sportive, à l’emploi.

Mieux articuler les politiques de jeunesse

"Ces politiques publiques ne sont pas seulement une réponse à des besoins immédiats ; elles constituent aussi un investissement stratégique pour bâtir une société plus équitable, plus résiliente et plus prospère", a affirmé le président qui rappelle que le problème n’est pas celui de la "quantité de la dépense (mais) de la qualité de la dépense et de son efficience". Et pour mieux accompagner les jeunes, la Cour préconise notamment un meilleur ciblage des publics en vulnérabilité. Est donné en exemple les aides à l’apprentissage qui doivent être redirigées vers les jeunes éloignés de l’emploi et non vers ceux en études supérieures, parfois dans de grandes écoles.

Autre enjeu : une meilleure coordination des acteurs publics aujourd’hui confrontés à un "enchevêtrement de compétences" qui rend inefficace la mise en œuvre de certaines politiques publiques, devenues illisibles. P. Moscovici donne en exemple, s’agissant du mal-être des jeunes, la superposition des dispositifs Points accueil et écoute jeunes (PAEJ) et les maisons des adolescents (MDA) qu’il faudrait fusionner. Quant aux collectivités territoriales, en charge de nombreuses missions relatives à l’accompagnement des jeunes, il ne faut pas "plus de décentralisation, a précisé le président, mais une meilleure décentralisation", c’est-à-dire une stratégie planifiée avec "des éléments de base qui soient communs et une meilleure coordination des acteurs locaux, publics et privés".

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