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La Journée Défense et Citoyenneté : ses objectifs, resserrés sur les questions de défense, doivent être redéfinis (Cour des comptes)

Paru dans Scolaire, Périscolaire, Orientation le mercredi 19 mars 2025.
Mots clés : Cour des comptes

"A bout de souffle." C’est ainsi que la Cour des comptes qualifie le modèle de la Journée Défense et Citoyenneté (JDC) dans son rapport public annuel 2025. Ce dispositif accueille chaque année 800 000 jeunes à partir de 16 ans et a pour objet, comme il est inscrit dans le code du service national, "de conforter l’esprit de défense et de concourir à l’affirmation du sentiment d’appartenance à la communauté nationale, ainsi qu’au maintien du lien entre l’armée et la jeunesse". À cet objectif s’ajoute la détection des difficultés de lecture.

Mais la JDC présente des "faiblesses persistantes" et doit reconsidérer ses missions, estime la Cour. "Bien que dotée d’une organisation robuste lui permettant de s’adresser à la quasi-totalité d’une classe d’âge, la JDC n’atteint qu’imparfaitement les objectifs qui lui sont assignés", écrit-elle.

Les sujets de défense privilégiés

Si le dispositif est "dans l’ensemble fonctionnel" et présente "un coût relativement maîtrisé" (de l’ordre de 105 millions d'euros par an), la Cour s’interroge sur l’apport de la JDC, autant pour les jeunes que pour les armées, un apport "difficile à apprécier avec précision". Depuis des années, le dispositif doit notamment faire face à une diminution des effectifs en charge d’encadrer la journée, "ce qui limite sa capacité à faire face aux imprévus".

"La réduction de la durée de la Journée Défense et Citoyenneté à sept heures, au lieu de huit, en septembre 2023 puis à 2 heures 45 depuis le 1er août 2024, s’est traduite par la présentation par les animateurs des seuls sujets de défense au détriment des thèmes relatifs à la citoyenneté et au civisme", pointe le rapport. A noter que "la DSNJ (la Direction du service national et de la jeunesse, rattachée au ministère des Armées, ndlr) prévoit que la ‘JDC adaptée’ (celle de 2h45, ndlr) reste en vigueur durant toute la période de transition vers la ‘JDC Nouvelle Génération’" dont la généralisation est envisagée pour janvier 2026. Cette nouvelle mouture "prévoit des ateliers sportifs et ludiques (jeu de plateau, metavers, tir laser) à connotation militaire et un forum des métiers", indique la Cour.

En parallèle de ce récent recentrement sur les sujets de défense, accentué donc avec le futur modèle de la JDC, l’objectif de recrutement dans les armées est "de plus en plus assumé", constate l’instance. Une perspective confirmée par le ministère des armées qui a répondu, après avoir eu connaissance du rapport, que "la JDC (devait) mieux contribuer à l'objectif d'attractivité des métiers militaires pour répondre au besoin de recrutement des armées". Cependant, les liens de causalité entre participation à la JDC et engagement dans l’armée ne sont pas encore établis de manière certaine. "Une seule étude, réalisée en 2020, a établi une corrélation entre JDC et recrutement au sein de l’armée de terre : il en est ressorti qu’un jeune sur 120 serait recruté dans les 18 mois suivant sa participation à une JDC", fait remarquer le rapport.

Les tests de lecture remis en question

"Une telle refonte des objectifs et de l’organisation de la JDC, à l’avenir uniquement centrée sur sa composante militaire, s’éloigne significativement du dispositif jusqu’ici en vigueur et des textes qui l’encadrent, interpelle la Cour qui appelle à une concertation interministérielle "pour actualiser le cadre légal de la JDC".

S’agissant de l’identification des difficultés de lecture, une des missions de la JDC, la DSNJ "s’interroge sur l’opportunité de le perpétuer dans ce cadre". En effet, "le test réalisé lors de la JDC n’est plus la seule occasion d’évaluer le niveau des élèves (…) et de nombreux tests et enquêtes jalonnent désormais la scolarité des enfants, permettant en principe d’identifier les difficultés en amont de la JDC". Autre argument justifiant un possible abandon des tests de lecture : la transmission aux services de l’Education nationale des résultats des jeunes en situation d’illettrisme (qui concerne 5% d’entre eux, 11,8% présentant des difficultés de lecture) n’est pas nécessairement suivie de la ’"mise en place d’actions correctives". "Un rapport paru en mai 2022 relève ainsi que, malgré des exemples de suivi innovant et efficace, aucune procédure n’est enclenchée à la suite de la JDC dans 44 % des académies."

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