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Orientation : des moyens mal utilisés (Cour des comptes)

Paru dans Scolaire, Orientation le mercredi 19 mars 2025.
Mots clés : Cour des comptes

"L’émergence d’un marché privé du conseil (en oritention) répond au besoin d’accompagnement insuffisamment satisfait par le système éducatif et accroît en retour les inégalités entre les jeunes", constate la Cour des comptes dans le chapitre qu'elle consacre à "l'orientation au collège et au lycée" de son rapport "Les politiques publiques en faveur des jeunes". Elle estime à 8 000 ETP et 400 M€ les moyens publics mobilisés pour cette politique, non compris les moyens "des communautés d’agglomération et des départements". Au total, des moyens "importants mais peu lisibles du fait de leur dispersion".

Si "la majorité des élèves se déclare satisfaits des informations reçues dans leur établissement ou au centre d’information et d’orientation (CIO)", un tiers des collégiens et un quart des lycéens "regrettent un manque de conseil personnalisé" et 19 % de ceux qui ont poursuivi leurs études après le baccalauréat regrettent leur choix. La faute n'en incombe pas aux PsyEN, un pour 1 147 élèves, d'autant que leur action a été recentrée sur le suivi psychologique des élèves. "L’évolution des missions des PsyEn rend peu praticable, à l’heure actuelle, leur transfert, parfois recommandé ou revendiqué, vers les régions." 

Des ressources qui manquent pour les enseignants

La mission d’éducation à l’orientation a donc été confiée en priorité aux enseignants alors que les maquettes de formation des INSPE "ne comportent pas de formation obligatoire sur ce sujet". L'ONISEP développe deux outils pour "appuyer" leur action. Le programme Avenir(s) permet aux enseignants "de structurer la progression du travail pendant les heures consacrées à l’orientation" et il propose aux élèves un portfolio leur permettant de conserver leurs "traces d’apprentissage, rencontres, idées, projets et compétences". Cependant "le niveau d’ambition élevé du projet Avenir(s) crée une incertitude technique et politique vis-à-vis des régions qui ont, elles aussi, développé des sites dans le cadre de leur compétence d’information sur les formations régionales". Le rapport évoque également "le développement du module MonProjetSup qui aide "les lycéens à préparer leurs vœux (...) à partir des informations statistiques de Parcoursup. L’absence de transparence des critères de décision retenus par les établissements d’enseignement supérieur constitue cependant une caractéristique de Parcoursup par rapport aux plateformes comparables d’autres pays."

La Cour pointe également "les directives portant sur l’accompagnement à l’orientation des élèves" qui sont "ambiguës" puisque "les heures correspondantes ne donnent pas lieu, au collège et au lycée général et technologique, à des moyens fléchés" qui devraient venir en sus et qu'elle estime à "185 M€ ou 309 M€ selon le dispositif de rémunération (des enseignants) retenu pour être attractif". Elle considère surtour que "la répartition actuelle des compétences entre l’État et les régions prête à confusion".

La loi de 2014 prévoit que "la région organise des actions d’information (sur les métiers et les formations)", et non "les actions d’information". Le transfert de compétence n’est donc pas "plein et entier". La Cour commente : "Cette limitation est aujourd’hui mise en avant pour expliquer les difficultés rencontrées par certaines régions pour travailler avec les établissements scolaires." Elle ajoute que ce transfert impliquerait que les Régions se voient confier "des décisions d’ordre pédagogique (décisions d’orientation et d’affectation) qui incombent à l’État".

A noter encore dans le rapport de la Cour des comptes, une critique des affectations dans la voie professionnelle, qui "dépend des capacités disponibles. Ainsi, 25 % à 30 % des élèves n’obtiennent pas leur premier vœu" et peuvent être "affectés après la rentrée en fonction des places libérées (abandons), ou en seconde générale et technologique (GT), ou pris en charge par la mission de lutte contre le décrochage scolaire (MLDS), voire placés en redoublement en troisième." A noter aussi qu'elle recommande d' "expérimenter avec une ou plusieurs régions volontaires un rapprochement entre les voies du lycée, professionnelle, technologique et générale".

E. Borne et C. Delga, deux points de vue sur la plateforme Avenir(s)

Dans sa réponse, Elisabeth Borne fait un éloge de la plateforme Avenir(s) qui "doit permettre de déployer un service public national, gratuit, exhaustif et égalitaire de l’orientation" et d'' "assurer l’orientation de chaque élève vers les formations adaptées à son projet professionnel, dans le cadre d’un parcours usager fluide". La ministre en charge de l'Education nationale estime que "la réforme de la formation initiale des enseignants permettra d’ouvrir la réflexion sur l’évolution de ses contenus en vue d’une meilleure prise en compte de la dimension de l’orientation".

Pour sa part, Carole Delga, présidente de la Région Occitanie et au nom de Régions de France conteste l'analyse de la Cour selon laquelle "le transfert plein et entier de la compétence qu’elles demandent impliquerait de leur attribuer la responsabilité des décisions d’orientation et d’affectation des élèves". Elle considère que c'est le rôle "du ministère (...) d’accompagner les élèves dans l’élaboration de ces choix (d'orientation, ndlr)" et que l'Etat doit garder la main sur les affectations des jeunes via ses outils Affelnet et Parcoursup. En revanche, les Régions demandent que "les actions" remplacent "des actions" (d'information sur les métiers et les formations" pour "commencer à clarifier les responsabilités des régions et de l’État en la matière".

Quant à la plateforme Avenir(s), elle "fait doublon avec la compétence régionale sur l’information métiers" et elle va rendre "invisibles les sites que toutes les régions ont développés" depuis 2018. Elles demandent qu'en soit suspendu "le déploiement" en attendant la conclusion du travail entamé "il y a quelques jours" avec l’État pour "rechercher des solutions techniques et permettre l’interaction des plateformes".

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