Les pratiques d’évaluation en physique-chimie doivent être harmonisées pour garantir l’équité (IGÉSR)
Paru dans Scolaire le mardi 18 mars 2025.
"Il importe avant tout, en établissement, de s’assurer qu’une stratégie collective du contrôle de l’équité est mise en place par et dans les équipes." C’est la conclusion à laquelle arrive l’IGÉSR dans un rapport portant sur les "pratiques d’évaluation en physique-chimie dans le cycle terminal de la voie générale". En vue de remplir cet objectif, l’inspection générale de l’éducation, du sport et de la recherche avance plusieurs recommandations.
L’inspection reconnaît que si "dans la grande majorité des cas, les enseignants évaluent leurs élèves avec compétence et sérieux (…) des progrès importants sont possibles dans l’utilisation des évaluations pour améliorer les apprentissages".
Après avoir observé, sur l’année scolaire 2023-2024, les pratiques pédagogiques d’évaluation des enseignants et analysé les procédures qui visent à assurer "l’égalité de traitement des élèves dans l’attribution des moyennes de contrôle continu", le groupe de travail physique-chimie de l’IGÉSR est parvenu au constat que, "pour garantir l’équité des notes de contrôle continu en physique-chimie, il est nécessaire d’harmoniser les pratiques d’évaluation des enseignants (...). L’importance des moyennes annuelles du contrôle continu dans le processus d’affectation et dans le calcul de la moyenne du baccalauréat demande une équité irréprochable."
La question de l’équité des pratiques de notation se pose avant d’autant plus "d’acuité" que la "dimension certificative" des notes, du fait de leur prise en compte pour le dossier de candidatures dans la procédure Parcoursup, importe désormais davantage que leur "vocation première d’accompagnement des apprentissages". Une priorisation que l'on retrouve chez tous les acteurs concernés, puisque, comme le relève le rapport, "cet enjeu d’orientation a tendance à occulter tous les autres dans l’esprit des élèves, de leurs parents et même des professeurs".
Pour s’assurer au mieux de la qualité et de l’équité de ces évaluations, le rapport propose trois pistes. L’IGÉSR recommande d’abord d’"améliorer les pratiques d’évaluation des enseignants et leur pilotage", ce qui passe par un effort de formation. "L’importance de la diversité des activités prises en compte (activités expérimentales, orales, évaluation déportée, etc.) ainsi que l’indispensable accompagnement des élèves par le professeur, avant, pendant et après l’évaluation, seront à souligner dans ces formations", précise l’inspection générale. En parallèle et au niveau local, "une approche collective des pratiques évaluatives doit être développée, sous l’impulsion des chefs d’établissement, avec l’aide des IA-IPR".
Par ailleurs, le rapport préconise de "piloter l’équité d’évaluation en s’appuyant sur un usage raisonné des données statistiques". Si l’inspection considère nécessaire l’analyse des résultats obtenus par les élèves, elle invite à relativiser l'importance accordée à ces données qui "sont avant tout des indicateurs d’alerte permettant de repérer des situations hors norme". Et de préciser : "les conclusions que l’on peut en tirer nécessitent une analyse approfondie qui doit prendre en compte, avec prudence et discernement, les différents biais statistiques."
Toujours en vue d’assurer une équité dans les modalités d’évaluation, la troisième recommandation consiste à "développer une approche collective de l’évaluation". Celle-ci prendrait la forme d’échanges entre professeurs organisés par les chefs d’établissement et les IA-IPR. Mais "force est de constater que les projets d’évaluation ont peu évolué depuis leur création et que, dans les établissements, la dynamique est rompue". Ces réunions permettraient pourtant aux enseignants de "prendre du recul sur leurs pratiques personnelles et pour, éventuellement, les remettre en question". Le manque de concertation fait notamment défaut aujourd’hui ce qui empêche "une approche harmonisée des évaluations de contrôle continu qui, seule, est à même de garantir une équité de traitement entre les élèves des différents professeurs", estime l'inspection.
Pour autant, il ne s’agit pas d’uniformiser les pratiques d’évaluation. "Mais certains aspects de celles-ci doivent être partagés, souligne le rapport. C’est, par exemple, le cas des critères de réussite, ou de la pondération des éléments qui interviennent dans le calcul des moyennes. C’est seulement au prix de cette dynamique collective que l’institution pourra garantir qu’elle s’assure, au mieux, de la qualité des évaluations qu’elle produit."
Le rapport de l'IGÉSR ici.
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