Jean-Michel Blanquer "fier" de son bilan à l'Education nationale, très critique de l'action de G. Attal
Paru dans Scolaire le vendredi 14 mars 2025.
Mots clés : Blanquer, Cercle CLE,
La question de l'autonomie des écoles et des établissements sera "le grand sujet des années à venir", estime Jean-Michel Blanquer. L'ancien ministre de l'Education nationale était, ce 14 mars, invité par le "Cercle CLE" (Contrat-Liberté-Equité, un cercle de réflexion chrétien-démocrate) pour évoquer les moyens de conjuguer Démocratie et République, la liberté individuelle et le souci du bien commun, son action "rue de Grenelle" venant illustrer son propos.
L'action politique doit s'inscrire "dans le long terme", et il faut "mettre le paquet" sur les 0-8 ans, quand un euro investi évite 8€ de dépenses sociales plus tard. Il en donne pour illustration ses choix en ce qui concerne les postes d'enseignants. Malgré la démographie, une baisse des effectifs dans le 1er degré et une augmentation (passagère, insiste-t-il) dans le second degré, il a mis des postes dans les écoles, contrairement "à ce que l'on fait maintenant".
Son action à ce niveau d'enseignement reposait sur "quatre piliers", à commencer par les dédoublements en éducation prioritaire, une mesure grâce à laquelle "nous ne sommes plus le pays le plus inégalitaire" dans les évaluations internationales. La mesure commence à porter ses fruits, estime-t-il (effectivement, le niveau a monté entre 2017 et 2018, mais pas depuis, ndlr). Les évaluations à tous les niveaux constituent le second pilier de son action, elles n'ont pas encore donné "tout leur jus", elles doivent notamment permettre d'améliorer les relations avec les parents. Troisième pilier, les plans français et mathématiques. L'ancien ministre estime que "la syllabique est passée", là aussi, l'impact sera "lent, long, hétérogène" après "20 à 30 ans de déclin". L'amélioration du taux d'encadrement (le nombre d'élèves par enseignant, ndlr) constitue le 4ème pilier de son action.
Des "mensonges" sur les enseignements de spécialité
Sur le collège, Jean-Michel Blanquer fait valoir le dispositif "devoirs faits". Il aurait "beaucoup de choses à dire sur les groupes de niveau ou de besoins", il n'a pas apprécié le lancement du "choc des savoirs" comme s'il s'agissait de mesures prises à l'occasion d'une alternance politique. Il n'a pas apprécié non plus que Gabriel Attal, qui en était le responsable, soit parti "au bout de quatre mois", sans-doute "parce qu'il avait mieux à faire".
L'ancien ministre rappelle qu'il avait fait du lycée professionnel sa "seconde priorité" et il constate qu'il attire aujourd'hui, avec l'apprentissage, plus de jeunes et que la carte des formations s'est "remodelée". S'agissant du lycée d'enseignement général et technologique, il ne décolère pas et dénonce "les mensonges" de ceux qui caricaturent des réformes dont il est "fier". Preuve que la mise en place des enseignements de spécialité n'a pas nui aux enseignements scientifiques, "il n'y a jamais eu autant d'élèves dans les CPGE" (classes préparatoires aux grandes écoles) et il n'y a pas moins de filles qui suivent des enseignements scientifiques. Lors des échanges avec la salle, il se félicite de la création de la spécialité "histoire - géographie - géopolitique et sciences politiques" qui est "un grand succès".
Quelle autonomie ?
Interrogé sur les suites du plan "Marseille en grand" et sur les encouragements à l'innovation, il estime qu'il faut chercher l'équilibre entre une "extrême autonomie" et une "extrême centralisation", que c'est le "grand sujet à venir", notamment en ce qui concerne la gestion des personnels, l'évaluation des établissements et les projets d'établissement. Il faudrait s'inspirer, sans forcément la reprendre entièrement, de "la philosophie de l'enseignement privé".
A noter encore que sur la laïcité, il rappelle que "l'abaya était déjà interdite" quand il était ministre sans en faire un outil pour "une popularité facile". Sur le SNU (service national universel), la mise en oeuvre d'un moyen de faire nation et pour les jeunes "de se dédier à plus grand que soi", un sujet sur lequel il s'est beaucoup investi, il a "la conviction" qu'il faudrait "rétablir le service militaire". Il faut "faire grand, ou ne pas faire", ajoute-t-il.
Le site du cercle CLE ici
ToutEduc, média indépendant, assure un suivi exigeant de l’actualité des acteurs de l’éducation. Ce travail d’information a un prix, celui de vos abonnements. Pour vous permettre d’y accéder sans transfert de dépêches (sauf établissement scolaire), nous vous proposons des formules à tarifs dégressifs.

