Egalité entre filles et garçons, de l’école à l'enseignement supérieur : du chemin reste à parcourir (Depp)
Paru dans Scolaire le vendredi 07 mars 2025.
L’édition 2025 du rapport "Filles et garçons sur le chemin de l’égalité, de l’école à l’enseignement supérieur", publié depuis 2007 par la Depp, le service statistique de l’Éducation nationale, est parue ce 7 mars. Cette édition "met une nouvelle fois en lumière des écarts persistants : dès l’école, les filles excellent davantage en français, tandis que les garçons réussissent mieux en mathématiques", écrit en préface Elisabeth Borne.
Si les femmes sont en moyenne plus diplômées, "elles accèdent pourtant moins souvent à des emplois stables à niveau équivalent", souligne la ministre de l’éducation pour qui ces données "rappellent l’ampleur de la tâche qui nous incombe, et nous incitent à agir".
En effet les inégalités de genre sont loin d’avoir disparu, ce que montrent avec force les différences en termes d’insertion professionnelle. "À la sortie de la formation initiale, les femmes sont davantage diplômées que les hommes mais ne s’insèrent pas plus aisément sur le marché du travail, rapporte la Depp. Elles occupent aussi moins souvent un emploi à durée indéterminée un an après leur sortie d’études." Parmi les diplômés d’un master, 52% des filles ont un CDI contre 63% des garçons. Il en va de même pour la formation professionnelle après laquelle les filles sont moins souvent en emploi, hormis après un BTS. Pourtant, leur taux de réussite est meilleur au brevet et au baccalauréat que celui des garçons (84% contre 75%), de même que le taux de mentions, quelle que soit la série. Et la proportion de filles ayant un master est plus forte que celle des garçons (27% contre 21%).
Une moindre confiance chez les filles
L’étude s’intéresse aussi à la perception du climat scolaire. De manière générale, tout au long de leur scolarité, les filles se sentent moins bien que les garçons dans leur établissement même si elles ont une perception plus positive des règles scolaires. Alors que les collégiennes se sentent autant en sécurité dans leur établissement que les garçons, elles le sont moins aux alentours et dans les transports scolaires, indique le rapport. Les filles déclarent également plus souvent être victimes d’insultes sexistes (10% des collégiennes contre 2% des collégiens) et avoir déjà été victimes de comportements déplacés à caractère sexuel (14% des lycéennes contre 3% des lycéens).
Les filles sont moins confiantes que les garçons dans leurs performances aux évaluations, surtout en mathématiques, et ont moins confiance pour réussir l’année scolaire à venir. Pourtant, elles envisagent des orientations plus ambitieuses, soulève la Depp.
Les garçons davantage représentés dans les filières scientifiques
Une fois au niveau du lycée et de l’apprentissage, les choix d’orientation entre filles et garçons diffèrent, préfigurant la voie prise dans l’enseignement supérieur et donc des carrières qui en découlent. "Que ce soit dans la voie générale, technologique ou professionnelle, les filles s’orientent moins vers les filières scientifiques, sauf celles liées au secteur de la santé." La Depp note que "dès le lycée, la part des filles dans les spécialités préfigure la féminisation de certains métiers". Or, les filles se dirigent en majorité vers des spécialités de sciences humaines et sociales (à titre d’exemple, à la rentrée 2024, 84% des élèves de terminale générale ayant choisi la combinaison d’enseignements de spécialité ‘humanités, littérature et philosophie - langues, littérature et cultures étrangères et régionales’ sont des filles) et se dirigeront par conséquent moins vers des carrières scientifiques dans l’enseignement supérieur.
Pour remédier aux inégalités de genre, un des leviers à mobiliser est la mise en œuvre des programmes d’éducation à la vie affective, relationnelle et à la sexualité (EVARS) estime Elisabeth Borne. Ce programme, qui sera effectif dès la rentrée scolaire 2026, "contribuera à réduire les écarts relevés dans ce rapport en introduisant à la maternelle la question de l’égalité entre les filles et les garçons (et) permettra aussi de lutter contre les stéréotypes qui nourrissent l’autocensure des élèves, et tout particulièrement des jeunes filles". Pour la ministre, "le chemin vers l’égalité est encore long, mais il est tracé devant nous".
Le rapport ici.
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