Baisse des contrats aidés pour les moins de 26 ans et hausse de l’apprentissage (DARES)
Paru dans Scolaire, Orientation le mercredi 05 mars 2025.
Les entrées en contrat aidé ont diminué de 25% en 2023 par rapport à l’année 2022, avec 95 700 entrées, soit une "nette baisse pour la deuxième année consécutive", relève la DARES, le service statistique rattaché au ministère du Travail, dans une publication de février 2025 intitulée "Les contrats aidé en 2023. Un nouveau recul des entrées".
Les contrats aidés sont des contrats pour lesquels l’employeur reçoit une aide de l’Etat. Ils peuvent s’adresser aux jeunes de moins de 26 ans qui en sont "toujours parmi les principaux bénéficiaires en 2023". Mais "leur poids continue de s’éroder, indique la DARES. Ils représentent 45% des entrées en contrat aidé, contre 52% en 2022 et 60% en 2021". Les moins de 26 ans sont donc particulièrement concernés par la baisse globale.
Dans une autre publication de février 2025, "Séries longues : le contrat d’apprentissage", la DARES indique une augmentation de 3% des contrats d’apprentissage en 2024 par rapport à 2023, avec 878 900 contrats dans les secteurs privé et public. A la fin de l’année 2024, on comptait au total 1 042 500 contrats d’apprentissage. La majorité des contrats (58%) sont signés par des apprentis qui ont plus de 20 ans. Par ailleurs, la majorité d’entre eux prépare une certification de l’enseignement supérieur, 61% des contrats relevant d’une formation de niveau bac+2 ou plus, et un tiers prépare un titre professionnel.
Pour rappel, l’Etat contribue au financement de l’apprentissage avec notamment une aide à l’embauche et en prenant en charge l’exonérations de certaines cotisations. Cependant, en 2024, la prime à l’embauche a été diminuée et les conditions de son octroi davantage encadrées, et les apprentis ne sont plus exonérés qu’à partir de la moitié du SMIC (voir TE ici).
Si la DARES n’établit pas de liens entre ces deux évolutions, une hypothèse peut être avancée d’un déplacement du soutien financier de l’Etat des contrats aidés vers l’apprentissage. En effet, l’administration rattachée au ministère du Travail dresse le constat d’"un recentrage des contrats aidés sur les publics les plus éloignés de l’emploi". Ces contrats sont en 2023 majoritairement occupés par des femmes dans le secteur non marchand (66% des entrées) et des hommes dans le secteur marchand (56% des entrées). "Ces évolutions tiennent à un ciblage explicite de certaines populations éloignées de l’emploi dans les circulaires annuelles, à un moindre ciblage des personnes de moins de 26 ans dans les PEC (Parcours emploi compétences, un type de contrat aidé, ndlr), et à une baisse des enveloppes pour les CUI-CIE (Contrat unique d’insertion), occupés très largement par des jeunes."
Bien que l’apprentissage ait été touchée par des baisses de financement de la part de l’Etat, il continue à être soutenu par ce dernier. "L’apprentissage est une voie normale d'insertion en réussissant une véritable révolution culturelle, dans le marché du travail", dit Astrid Panosyan-Bouvet, ministre chargée du Travail et de l'Emploi, dont les propos sont rapportés par un communiqué du ministère. Les chiffres en hausse "témoignent de notre volonté de maintenir notre ambition et notre mobilisation en faveur de l'apprentissage", affirme la ministre.
Les publications de la DARES ici et ici.
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