Des mentorats entre l’enseignement agricole et les entreprises "pour susciter des vocations" (ministère de l’Agriculture)
Paru dans Scolaire, Orientation le vendredi 28 février 2025.
"Il y a un enjeu à renouveler les générations d’agriculteurs et à susciter des vocations. C’est le but de ces mentorats", lance Patrick Tetard, vice-président de la coopérative agricole et agroalimentaire Axéréal, à l’occasion de la signature par la ministre de l’Agriculture de 19 nouvelles conventions de "mentorats de classes agricoles", au Salon de l’agriculture le 27 février.
Ce dispositif, lancé à la rentrée 2024 dans quatre établissements agricoles, vise à renforcer le lien entre enseignement et entreprises ou coopératives agricoles via le mentorat d’un élève durant ses deux années de BTS. "Les premiers retours étaient excellents", partage Benoît Bonaîmé. Pour le directeur général de l’enseignement au ministère de l’Agriculture, le mentorat aide "les jeunes à se projeter dans leur carrière" en leur faisant découvrir une pluralité de métiers, les réalités concrètes du monde du travail et en favorisant l’insertion professionnelle. Au départ centré sur les BSTA (brevet de technicien supérieur agricole) Bioqualim, qui sont particulièrement en tension, le dispositif s’est élargi aux BTSA AC’S AGRI (le BTSA généraliste), viticulture et œnologie et GDEA (génie des équipements agricoles).
La ministre de l’Agriculture, Annie Genevard, s’est réjouie du renforcement des liens entre enseignement et secteur privé, qui est une "des grandes forces de l’enseignement agricole". "Nous avons besoin de 30% d’apprenants supplémentaires (et) de jeunes dans l’agroalimentaire", premier secteur en France avec ses 530 000 emplois, souligne la ministre.
"N’oubliez pas les filles !", lance Annie Genevard qui pointe la frilosité de certains employeurs à recruter des filles. "C’est une question d’égalité." Ce point d’alerte résonne avec l’important besoin de recrutement, alors que la moitié des exploitants agricoles partiront en retraite d’ici dix ans. Dans un article pour The Conversation, le sociologue Joachim Benet Rivière écrit que, face à cette "crise de renouvellement", le ministère cherche à présenter les métiers du secteur et à susciter des vocations. "Il met aussi en avant la présence croissante des filles dans les lycées agricoles, qui constitueraient un vivier pour prendre le relais." Mais, si les filles représentent 44% des effectifs des lycées agricoles, le chercheur pointe que "cette parité dans les formations masque des ségrégations de genre en fonction des spécialités choisies qui favorisent plutôt la masculinisation des métiers agricoles".
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