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Limiter à 10% la hausse des étudiants en médecine (Académie nationale de médecine)

Paru dans Scolaire, Orientation le jeudi 27 février 2025.

"Vouloir former 16 000 médecins voire multiplier par plus de 2 leur nombre risque d’aboutir dans 15 ans à un trop plein de praticiens sans réelle activité, amenant les responsables politiques à rétablir le numerus clausus !", affirme l’Académie nationale de médecine dans un récent rapport portant sur la formation médicale initiale et qui exprime une position officielle de l’institution.

Selon elle, limiter à 10% le quota supplémentaire du nombre d’étudiants en médecine est suffisant au vu de la situation actuelle. Cela reviendrait à former au maximum 12 000 étudiants. Pour le justifier, l’Académie dresse deux constats : "Le nombre d’installations est en augmentation : environ 2 200 médecins généralistes se sont installés en 2022, un chiffre en hausse de plus de 70% par rapport à 2012". Et "l’irruption massive de l’intelligence artificielle et l’exercice partagé et transfèré à d’autres professionnels, pharmaciens, sages-femmes, kinésithérapeutes, infirmiers, psychologues et autres spécialistes, ainsi que le développement d’assistants administratifs libérant autant de temps disponible pour les médecins".

Améliorer l'organisation de la prise en charge des patients

En avançant ce quota, l’Académie bouscule les idées reçues, selon lesquelles la hausse du nombre de médecins est toujours un objectif souhaitable, et va à l’encontre du discours des pouvoirs politiques. Mais chiffres à l’appui, elle soutient cette maîtrise de l’évolution et calcule, en se basant sur la durée hebdomadaire de la jeune génération en centre de santé, maison de santé, ou en libéral, qu’il faudrait "prévoir 56 000 postes de médecins généralistes disponibles 8h/J, 5 jours/7 ou 10h /j, 4 jours/7". Aujourd’hui, 51 000 praticiens exercent, une augmentation de 10% s’avère ainsi suffisante.

"C’est moins le nombre de médecins soignants qui est important que le temps global de soins offert qui sera comblé par le développement des Centres médicaux de soins immédiats (CMSI) faisant appel à des urgentistes et d’autres généralistes vacataires couvrant les plages horaires de nuit et de week-end afin d’assurer le relais entre les soins de ville et les urgences hospitalières", écrit l’Académie. Par ailleurs, le développement des services et assistants numériques permettra de décharger les praticiens de tâches administratives.

Même dans un contexte de vieillissement de la population, cette augmentation modérée devrait suffire selon l’Académie pour qui "l’organisation optimale" des soins permettra une prise en charge globale des patients. Mais celle-ci "fait encore grandement défaut dans de nombreux territoires". Afin de mieux répondre aux besoins de la population locale et prévoir le nombre de praticiens à former quelle que soit la spécialité, l’institution préconise une plus grande implication des différentes structures de santé qui disposent de données dans l’analyse de la démographie médicale territoriale.

Renforcer les structures existantes

Cette hausse, moins forte donc que celle préconisée par les pouvoirs publics, nécessite déjà "une augmentation conséquente des moyens octroyés aux facultés de médecine et plus globalement aux universités aujourd’hui saturées et en difficulté pour projeter la formation dans les territoires, enjeu majeur de fidélisation des futurs praticiens", soulève le rapport. "La question n’est donc pas de chercher à créer de nouveaux CHU ou de nouvelles facultés, mais à s’engager au renforcement de l’appareil existant".

Dans son rapport, l’Académie propose des réformes structurelles de la formation médicale initiale avec notamment la mise en place d’une licence en santé qui "sera facilitée par la généralisation du modèle des facultés de santé intégrant l’ensemble des formations médicales et paramédicales".

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