Enseignement agricole : les "Maisons familiales rurales" voient leurs effectifs progresser
Paru dans Scolaire, Périscolaire, Orientation le mercredi 26 février 2025.
Les MFR (maisons familiales rurales) signent demain 27 février au salon de l'agriculture une convention de partenariat avec l’association "Des enfants et des arbres" qui invite les élèves de CM1-CM2 à venir planter des arbres dans des exploitations agricoles. Les "apprenants" du réseau des MFR sont appelés à encadrer ces plantations avec les agriculteurs sur le terrain desquels sont créés haies et rideaux boisés. Ils seront ainsi amenés à exposer aux jeunes élèves comme aux exploitants leurs connaissances en agro-foresterie, mais aussi à témoigner de leur choix de parcours agricoles, et donc à susciter, éventuellement, des vocations...
Interrogé par ToutEduc sur le salon, le responsable de la communication de l'Union nationale des MFR fait état de la bonne santé du mouvement, qui enregistre une augmentation de ses effectifs, plus 1 200 élèves et plus 2 000 apprentis cette année, soit au total près de 70 000 jeunes (44 000 élèves et 25 000 apprentis) auxquels s'ajoutent quelque 25 000 adultes en formation. Christophe Bernard vante le modèle de l'alternance. Un jeune en apprentissage est dans une exploitation, en alternance mais sous statut scolaire, il fait trois stages par an et peut ainsi faire l'expérience de l'agriculture conventionnelle, du bio, du raisonné... Cette confrontation des différents modèles est aujourd'hui essentielle, estime-t-il, et il est assez favorable à des parcours mixtes, une ou deux années en alternance, la suite en apprentissage.
Le mouvement compte aujourd'hui 420 "maisons", sans compter celles qui se créent dans une vingtaine d'autres pays, la première, en 1937, comptait quatre élèves, les enfants des familles fondatrices. C. Bernard explique cette dynamique par son inscription dans le champ de l'ESS (économie sociale et solidaire). Le statut associatif permet que les parents aient leur place dans l'école et que celle-ci soit bien ancrée dans un territoire. S'y ajoute le choix d'une pédagogie active. Le site de la fondation MFR-Monde cite Dewey, Cousinet, Freinet et plus largement l'Education nouvelle comme sources d'inspiration. Les classes de 4ème-3ème accueillent d'ailleurs souvent des élèves en grande difficulté et leur donnent des possibilités de réussite. "Le regard des enfants sur l'école change, celui des parents aussi alors qu'ils ont souvent de mauvais souvenirs, le bouche à oreille fonctionne et nous avons même dans certaines régions des enfants des villes qui viennent dans nos maisons, au point qu'il a parfois fallu inverser le transport scolaire, qui amènent habituellement des enfants des villages dans les lycées."
Le mouvement compte aussi pour mieux se faire connaître sur la plateforme des "alumni" qu'il vient de créer et qui compte dès son ouverture 200 inscrits et de premières offres d'emploi. Mais si les MFR comptent davantage d'élèves sous statut scolaire, le financement correspondant, 12 M€, ne semble pas, en l'état actuel des choses, être inscrit dans la loi de finances 2025.

