EVARS : face à l’offensive réactionnaire, l’UNSA demande au ministère de rappeler son soutien
Paru dans Scolaire le lundi 24 février 2025.
La polémique autour du programme d’éducation à la vie affective, relationnelle et à la sexualité (EVARS) est loin d’être éteinte. Le texte a été officiellement publié le 6 février et sera mis en œuvre à la rentrée scolaire 2025. Mais les "associations réactionnaires s’agitent sur les réseaux sociaux pour maintenir la pression contre cette éducation", s’alarme le syndicat des enseignants de l’UNSA dans un communiqué du 24 février.
Ces associations, "issues pour certaines de la ‘manif pour tous’" écrit le syndicat, et fortement opposées au programme, ont mis en ligne une pétition et proposent une journée d’action le 10 mars. "Grève Parentale générale, retrait scolaire, manifestation, ce sont les appels qui sont lancés sur les réseaux pour le 10 mars prochain", lit-on sur le site du collectif Parents en colère.
On y trouve aussi un montage d’une durée de 7 minutes réalisé à partir de courtes vidéos de parents. "Ne mettez pas vos enfants à l’école", dit une mère face caméra. Ils sont plusieurs à inciter à faire de même, pour "manifester leur mécontentement face au nouveau programme (EVARS)" selon les mots d’une autre, aussi filmée face caméra, sûrement depuis son appartement. Le terme de grève apparaît sur la vidéo bien qu’il ne soit pas prononcé. "Tous unis ensemble pour le 10 mars. C’est la sécurité de nos enfants qui est en jeu", conclut un homme qui invite à rendre "virale" la vidéo. Sur le site, des flyers sont à télécharger "pour ceux qui se mobilisent à l’échelle locale" et un lien renvoie vers des canaux Télégram de Parents en colère pour signaler les événements.
Sur le site de SOS Education, une association d’éducation classée à la droite conservatrice voire à l’extrême droite et dont l’opacité du fonctionnement avait été pointée dans un rapport de la Cour des comptes en 2020, on trouve une pétition intitulée "Non à l’éducation à la sexualité à l’école". Le nombre de signataires n’est pas encore visible. SOS Education met à disposition un rapport, dont elle est elle-même à l’origine.
Face à la forte mobilisation contre le programme EVARS, le SE-Unsa dénonce dans son communiqué "les procédés de désinformation, d’intimidation et de manipulation utilisés par ces associations" et "demande à la ministre Élisabeth Borne de communiquer rapidement pour contrer les informations mensongères propagées et pour rappeler son plein soutien aux personnels dans leurs missions".
En 2014 déjà, les familles avaient été invitées à ne pas mettre leurs enfants à l’école pour exprimer leur opposition aux ABCD de l’égalité, un programme de lutte contre le sexisme et les stéréotypes de genre proposé alors que Najat Vallaud-Belkacem était ministre. Expérimenté dans des établissements, le dispositif n’avait finalement pas été généralisé face à la polémique, nourrie par des opposants qui dénonçaient un enseignement de la "théorie du genre".

