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Le cabinet de Borne décide de retarder la publication d’un rapport sur les violences de genre à l’école (Mediapart)

Paru dans Scolaire le lundi 24 février 2025.

Le rapport devait sortir en avril mais il n’en sera rien. Alors que l’enquête portant sur les violences de genre à l’école est prête, le cabinet d’Elisabeth Borne a décidé de décaler sa date de publication à "novembre 2025", selon les informations de Mediapart qui a consacré un papier au sujet.

Intitulé "(Cyber)violences de genre chez les jeunes de 11 à 18 ans", le rapport avait été commandé sous Pap Ndiaye en vue de comprendre le lien entre genre et violences à l’école et confié au Centre Hubertine Auclert, organisme spécialiste des questions d’égalité femmes-hommes, "en partenariat avec une chercheuse grenobloise, et cofinancé par le ministère et la région Île-de-France", indique Marie Turcan, rédactrice de l’article de Mediapart.

43% des élèves victimes de violences sexuelles

Le 13 février dernier, à l’occasion de la journée des référentes et référents Egalite des établissements scolaires, organisée par le Centre Hubertine Auclert, des extraits de l’étude ont été présentés au public. "Mediapart a choisi de publier ces données d’intérêt public, qui montrent l’urgence d’agir pour protéger les élèves et lutter contre les discriminations liées au genre et à l’orientation sexuelle, dès le plus jeune âge", précise le média. Données que ToutEduc rapporte en partie.

On apprend dans le rapport que "43 % des élèves ont été victimes de violences sexuelles’au cours de la dernière année écoulée, qu’il s’agisse d’agressions sexuelles, d’outrages sexuels ou d’atteintes à l’image intime. Les filles sont plus concernées (une sur deux) que les garçons (38 %), tandis qu’une grande partie des élèves assigné·es LGBTQIA+ disent en avoir subi, tous genres confondus".

Autre extrait de l’étude : "Seulement 26 % des victimes de violences en parlent" et "seulement 13 % des victimes se tournent vers des adultes de l’école."

Dans l’enquête, il a été demandé aux élèves de définir leur propre genre (fille, garçon ou non binaire) et l’orientation sexuelle à laquelle ils et elles étaient assigné.es. Cette méthode utilisée, "sans précédent" écrit Marie Turcan, a permis de considérer tous types de violences homophobes, qu’importe l’orientation sexuelle réelle de la personne.

La crainte de "raviver l'offensive réactionnaire"

"Est-ce cette liberté d’autodétermination des sujets interrogés qui poserait problème ?, interroge la journaliste à qui une proche du dossier a confié : "Je pense que l’étude ne plaît pas trop. On y dit que les jeunes personnes trans existent, on dit le mot 'lesbienne', on dit que les élèves peuvent s’identifier garçon ou fille comme ils veulent…"

La décision de retarder la publication d’un rapport qui parle explicitement des questions LGBTQIA+ pourrait s’expliquer par la crainte "de raviver l’offensive réactionnaire qui s’est élevée autour du programme d’éducation à la vie affective, relationnelle et à la sexualité (EVARS)", écrit la journaliste.

Mais les professeur.es référent.es égalité n’approuvent pas cette décision. "On aurait justement besoin de ce rapport pour légitimer nos actions auprès des directions, des parents d’élèves, des collègues.… Il faut qu’on puisse s’appuyer sur des données sourcées et des chiffres précis", a dit l’une d’elles à Mediapart.

Parmi les conclusions du rapport, celle d’un manque de prise en charge des signalements d’élèves par l’Education nationale. "On lit notamment que dans un cas sur cinq, il n’y a ‘pas eu d’action’ quand un.e élève a demandé de l’aide à un adulte de son établissement scolaire". Une lacune qui serait d’autant plus mal reçue que l’affaire Bétharram a montré les failles du ministère dans l’accompagnement des violences faites aux élèves victimes de cet établissement.

"L’ampleur de ces violences nous oblige : les établissements scolaires et les professionnelles et professionnels de l’éducation ont un rôle clé à jouer dans la lutte contre les (cyber)violences de genre", lit-on sur le site du centre Hubertine Auclert, à la page dédiée à la rencontre du 13 février. Et plus loin : "Il est nécessaire de développer des espaces-ressources pour écouter, partager, se soutenir sans jugement. Pour les minorités de genre, ces espaces peuvent notamment rompre des dynamiques d’isolement et d’invisibilisation à travers une communauté virtuelle et en présentiel."

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