Notre-Dame de Bétharram pourrait perdre son contrat avec l’Education nationale (Borne)
Paru dans Scolaire le vendredi 21 février 2025.
"C’est en fonction de ce qui sera vu lors du contrôle que l’on verra si l’on doit maintenir ou pas ce contrat", a répondu Elisabeth Borne à Appoline de Malherbe au sujet d’une éventuelle rupture de contrat entre l’Etat et Notre-Dame de Bétharram. Invitée sur RMC ce 21 février, la ministre de l’Education nationale a reconnu que "l’Etat n’avait pas été au rendez-vous sur ce dossier".
"C’est pour ça qu’il faut qu’on agisse pour renforcer les contrôles (et) pour que la parole se libère", a dit la ministre qui a fait savoir qu’un guide de contrôle avait été envoyé dans toutes les académies afin "de former et outiller les inspecteurs" pour que "les contrôles se déroulent dans les meilleures conditions". L’objectif fixé par le ministère est que 40% des établissements privés sous contrat soient contrôlés dans les 24 mois, alors que jusque-là il n’y avait "quasiment aucun contrôle" a avancé Elisabeth Borne.
Ne voulant pas cibler spécifiquement les enseignements catholiques, la ministre a insisté sur "les règles très claires" qui existent au sein des établissements de l’Education nationale : "S’il y a un signalement de violence sur des élèves, a fortiori de violences sexuelles, la personne mise en cause fait l’objet d’une suspension à titre conservatoire et on fait un signalement au procureur."
Des fouilles de sac dès le printemps
Questionnée sur la violence des jeunes, notamment sur l’usage des couteaux, la ministre a annoncé un renforcement des contrôles. A partir de ce printemps, des "contrôles aléatoires" seront effectués à l’entrée des établissements avec "les forces de l’ordre", les personnels de l’éducation n’y étant pas autorisés. Ces contrôles seront organisés avec "le préfet, le procurer et le représentant de l’Education nationale".
Par ailleurs, le code de l’éducation sera modifié de sorte à ce que si un élève entre avec une arme blanche dans un établissement, il passe "systématiquement" en conseil de discipline et qu’un signalement au procureur soit fait. Ces décisions revenaient jusque-là aux chefs d’établissement.
Ces annonces interviennent alors que l'actualité récente a été marquée par les décès de jeunes aux abords de leur établissement. En Seine-Saint-Denis, depuis le 11 février, une vingtaine de collèges et de lycées ont été placés sous la surveillance de 100 fonctionnaires de police pour prévenir des actes de violence.
"Il faut une réponse forte quand les jeunes ont basculé dans la violence mais on doit tout faire pour éviter d’en arriver là. Il faut réagir dès les premiers signaux", a souligné la ministre qui a donné en exemple de solution les classes relais où sont accueillis, en effectif restreint, des élèves qui ont été exclus.

