Opinions sur l’École et l’éducation, Semaine du 9 au 15 février 2025 (Philippe Watrelot)
Paru dans Scolaire le dimanche 16 février 2025.
Comme chaque semaine, Philippe Watrelot nous propose un panorama des tribunes et points de vue qui agitent les acteurs du système éducatif.
Deux évènements ont marqué l’actualité et la réflexion cette semaine. Il y a d’abord le sommet consacré à l’intelligence artificielle en début de semaine. Plusieurs analyses et prises de position se penchent sur les effets de l’IA dans l’enseignement à la fois pour les élèves et pour les enseignantsL’autre évènement c’est l’anniversaire de la loi du 11 février 2005 "pour l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes en situation de handicap". Vingt ans après, quel est le bilan que l’on peut en faire dans le domaine de l’éducation ? Celui-ci est plutôt mitigé, les promesses de l’école inclusive ne sont pas toutes tenues.
Ces deux thèmes n’épuisent pas les sujets de chroniques. On trouvera aussi des textes sur l’éducation sexuelle, sur la justice des mineurs, sur les écrans et les jeux vidéos, sur l’enseignement explicite…
Bonne lecture !
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Les textes de présentation ne sont que la recopie des chapôs produits par les médias eux-mêmes.
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Éducation nationale : There is no IA-lternative ?
E. Borne annonce des modules de formation obligatoires pour les élèves de 4e et de 2de. La “révolution” de l’IA à l’école procède de choix politiques et économiques auxquels ni les personnels ni les usager·es ne sont associé·es. Aucune évaluation des conséquences à court, moyen et long terme de ces choix pour le service public d’éducation n’est envisagée, aucun "principe de précaution".Amélie Hart – Blog Médiapart le 9 février 2025 (ici)
80% des lycéens utilisent l’IA pour leur travail scolaire et 20% des enseignants
"Le bouillonnement actuel n’est pas perçu comme un moment mais comme un aboutissement, auquel nous sommes surtout prompts à discourir et avons bien du mal à agir. Car le constat fait dès le début de cette rencontre, 20% des enseignants et 80% des lycéens utilisent l’IA pour leur travail scolaire, est suffisamment parlant mais aussi suffisamment inquiétant pour qu’on aille vers une analyse plus globale" estime Bruno Devauchelle. A l’occasion de la semaine du sommet mondial consacré à l’IA, il revient dans sa chronique sur la question posée sur le cadre et les usages de l’IA en éducation. Vraie question pour quelles réponses au-delà des annonces politiques et de la communication ?
Bruno Devauchelle – Le Café Pédagogique le 10 février 2025 (ici)
Education : la France a cinq ans pour revoir sa copie
L'école française est inadaptée au nouveau monde, tertiarisé et digitalisé. Le niveau des élèves est en chute libre. Mais en revalorisant le métier d'enseignant et en s'inspirant de modèles plus flexibles, comme à Singapour, la France peut prendre le tournant de l'éducation du futur, veut croire Etienne Porche, PDG et cofondateur de Les Sherpas
Etienne Porche – Les Échos [€] le 10 février 2025 (ici)
IA générative à l'école ou quand ChapGPT pense pour moi
ChapGPT analyse et produit du discours. Une apparence de "pensée" en libre accès dont les élèves ont déjà compris tout l'intérêt qu'elle pouvait avoir pour faire leurs devoirs à la maison, en particulier dans les matières qui supposent rédaction de réponses. Et une catastrophe en marche pour la formation intellectuelle des jeunes.
Pascale Fourier – Blog Médiapart le 10 février 2025 (ici)
Quel bilan pour l’école inclusive, 20 ans après la loi sur l’égalité des droits et des chances ?
Depuis la loi de 2005, qui pose les bases d’une société inclusive, tout enfant en situation de handicap doit pouvoir trouver une place dans l’école de son quartier. Si elle a progressé, la scolarisation d’élèves présentant des besoins éducatifs particuliers est loin d’être encore automatique, et inscription ne rime pas toujours avec inclusion. Quelques éclairages.
Mickaël Jury et Caroline Desombre – The Conversation le 10 février 2025 (ici)
Éric Debarbieux : "Il faut continuer à expliquer au grand public la complexité de la réalité et des solutions à la violence à l’école"
Suite à la publication de l’ouvrage Zéro pointé ? Une histoire politique de la violence à l’école (Les Liens qui libèrent, 2025) Éric Debarbieux, reconnu comme spécialiste de la question des violences en milieu scolaire répond aux questions des Cahiers Pédagogiques le 10 février 2025 (ici)
Les valeurs de l’école
À propos de : Guillaume Durieux, Faut-il en finir avec l’école ? Autonomie & justice scolaire, Éditions Eliott
L’école est obligatoire et elle est pleinement justifiée à l’être. L’autorité éducative n’est nullement une atteinte à la liberté, si elle s’attache à développer les capacités, plurielles, des élèves.
par Nassim El Kabli – La vie des Idées le 10 février (ici)
Ressenti et discriminations de genre : ce qui freine la féminisation des filières scientifiques
Le ressenti est une notion de plus en plus présente dans nos vies, utilisée notamment par les médias, les sondeurs mais aussi par les acteurs publics et académiques. Surtout, elle prend une place grandissante dans la prise de décision des électeurs et des responsables politiques. Dans le cadre du cycle de travaux initié par la Fondation sur le sujet, et à l’occasion de la Journée internationale des femmes et des filles de science, Charlotte Jacquemot, chercheuse au CNRS et directrice du département d’études cognitives à l’École normale supérieure (ENS-PSL), décrypte les ressentis qui freinent la féminisation des filières et des carrières scientifiques.
Charlotte Jacquemot – Fondation Jean Jaurès le 10 février 2025 (ici)
"Quels contours pour une politique éducative de gauche ?"
Dépasser l’opposition entre l’angélisme de la gauche et le cynisme pragmatique de la droite, tel est le chemin d’une politique ambitieuse pour l’école que propose, dans une tribune au "Monde", le professeur de lycée Claude Garcia.
Claude Garcia – Le Monde [€] du 11 février 2025 (ici)
L’appel de plus de 100 organisations pour un grand ministère de l’enfance : "Les enfants devraient être les premiers à être protégés par l’action publique"
Les services publics de l’enfance se détériorent dangereusement, et la réponse politique n’est pas à la hauteur de la crise, alertent, dans une tribune au "Monde", une centaine d’organisations du secteur qui rappellent que 3 000 mesures de protection ordonnées par les magistrats pour des enfants en danger ne sont pas exécutées faute de moyens.
Tribune collective – Le Monde [€] du 11 février 2025 (ici)
Handicap : vingt ans après la loi de 2005, "faut-il une nouvelle loi “école pour tous” ?"
Les politiques éducatives inclusives se sont focalisées sur l’accompagnement humain et ont négligé le volet de l’accessibilité universelle des apprentissages, regrette dans une tribune au "Monde" Martine Caraglio, inspectrice générale honoraire de l’éducation.
Martine Caraglio – Le Monde [€] du 11 février 2025 (ici)
"L’école inclusive implique une révolution pédagogique"
La structure même de l’éducation nationale ne permet pas "un plein déploiement" de l’accueil des enfants en situation de handicap à l’école, analyse l’enseignant-chercheur spécialiste de l’inclusion scolaire Alexandre Ployé, dans un entretien au "Monde".
Alexandre Ployé – Le Monde [€] du 11 février 2025 (ici)
"L’éducation inclusive doit devenir une matrice dans la formation des enseignants et non un simple ajout"
École inclusive ou école ségrégative, école commune ou groupe de ‘niveau’, l’école se trouve "entre ordres et contre-ordres. C’est cela qui donne au processus de transformation inclusive de notre école son caractère d’inachèvement et de recherche permanente d’un compromis qui ne satisfait pas grand monde" affirme Alexandre Ployé au Café pédagogique. Le professeur des universités en sciences de l’éducation et de la formation CY Cergy Paris université -Inspé de l’académie de Versailles poursuit son analyse : "L’inclusion scolaire est un travail d’approfondissement démocratique d’une société. La profondeur de la culture démocratique d’un pays se vérifie au sort qu’il réserve à ceux qui ont été longtemps contenus dans ses marges. Plus nous serons collectivement capables à l’école de créer des environnements accessibles, plus nous travaillerons à cet approfondissement démocratique". Alexandre Ployé répond aux questions du Café Pédagogique à l’occasion des 20 ans de la loi de 2005.
Alexandre Ployé – Le Café Pédagogique du 11 février 2025 (ici)
“Le message n’est pas clair : on dit aux parents que les écrans sont un danger pour leur enfant mais l’Éducation nationale prône le numérique”
Le collectif “Éducation numérique raisonnée”, qui se mobilise depuis un an pour faire remonter la réalité du terrain aux pouvoirs publics, préconise une diminution de l’usage du numérique dans le milieu scolaire. Analyse avec Aude Denizot, professeure des écoles et membre du collectif.
Aude Denizot (“Éducation numérique raisonnée”) – Télérama [€] le 11 février 2025 (ici
Face aux drames et au populisme pénal, défendre le droit à l’éducation pour toutes et tous pour les enfants de ce pays
"L’instrumentalisation de la justice pénale des mineur·es à des fins sécuritaires tend à faire oublier l’effondrement de la protection de l’enfance et des moyens qui lui sont alloués". Un ensemble de professionnel.les du secteur social, éducatif de la justice et des personnalités, appelait à des rassemblements le 12 février pour dire leur opposition à la proposition de loi Attal, examinée à l'Assemblée nationale.
Tribune Collective – Blog Médiapart le 11 février 2025 (ici)
IA : il faut développer l’esprit critique de nos élèves
"La régulation des IA ne sera efficace que si elle est accompagnée d’une éducation visant à former des citoyens critiques, conscients des enjeux éthiques et sécuritaires liés à l’IA", remarque Romain Jeanneau, enseignant de SVT. Dans cet article, qui donne à réfléchir, l’enseignant montre aussi comment les IA "sont largement utilisées pour porter atteinte à la vie privée et à la liberté de déplacement de nombreuses populations à travers le monde".
Romain Jeanneau – Le café Pédagogique le 11 février 2025 (ici)
École inclusive : les contradictions françaises
Il y a 20 ans était promulguée la loi "l’égalité des droits et des chances, la participation et la citoyenneté des personnes handicapées". Il y a la loi, l’esprit de la loi, et la réalité.
Djéhane Gani – Le café Pédagogique le 11 février 2025 (ici)
"A la recherche des profs perdus"
L’auteur de cette enquête et de cet ouvrage – Mathieu Bosque – n’est pas un professionnel de l’éducation. C’est un aiguilleur du ciel qui a atterri sur le rude sol de la politique aux côtés de François Ruffin. Il a la fraîcheur d’un autodidacte qui cherche à comprendre pour agir et qui peut parfois sortir des sentiers battus et déplacer quelque peu les lignes.
Recension par Claude Lelièvre – Le Café Pédagogique le12 février 2025 (ici)
"L’intelligence artificielle révolutionnera la façon dont les enfants apprennent et se connectent, la question est de savoir comment"
Il est urgent de centraliser la collaboration à l’échelle mondiale, en tenant compte de la manière unique dont l’IA peut façonner le développement des enfants, alerte un collectif de personnalités politiques et d’experts, parmi lesquels Jean-Marie Cavada, Najat Vallaud-Belkacem, Thani Mohamed-Soilihi et Cédric Villani dans une tribune au "Monde".
Tribune collective – Le Monde [€] le 12 février 2025 (ici)
Attal et les jeunes : surveiller et punir.
Avec sa proposition de loi sur la justice des mineurs, Attal se réfère aux mêmes principes que ceux dont il a usé et abusé comme ministre de l’Éducation nationale : surveiller et punir. Des principes mis au service de sa propre carrière politique.
Bernard Girard – Blog Médiapart le 12 février 2025 (ici)
Dyslexie, TDAH... L’Education nationale face aux troubles des apprentissages
La prévalence de ces troubles n’augmente pas vraiment, mais l’institution a toujours du mal à s’adapter aux besoins des élèves, alors qu’il existe des méthodes fiables pour les aider.
Franck Ramus – L’Express le 12 février 2025 (ici)
"Les jeux vidéo ne sont pas un espace de décharge avec de la violence gratuite"
Pour le psychanalyste Michaël Stora, les jeux vidéo peuvent avoir des effets "cathartiques". Il rappelle que les auteurs des tueries de masse où le rôle des écrans a été pointé du doigt avaient des problématiques psychiatriques lourdes.
Michaël Stora - Libération [€] le 12 février 2025 (ici)
Pas de compte sur un réseau social avant 16 ans : un rempart contre le mal-être de la "Génération anxieuse"
Dans son ouvrage à succès, qui vient d’être traduit en français, le psychologue social américain Jonathan Haidt établit un lien direct entre l’utilisation massive des smartphones et réseaux sociaux et la vague de troubles mentaux des adolescents depuis 2010.
Génération anxieuse par Jonathan Haidt, éditions Les Arènes.
Libération [€] le 13 février 2025 (ici)
Education à la sexualité à l’école : "Toutes les grandes fédérations de parents d’élèves y sont désormais favorables"
L’historien Yves Verneuil retrace, dans une tribune au "Monde", la longue opposition, du début du XXᵉ siècle à aujourd’hui, à cet enseignement de la part d’associations, notamment catholiques, contestant le rôle d’émancipation de l’école publique.
Yves Verneuil – le Monde [€] le 13 février 2025 (ici)
"Aborder les questions de vie affective ne s’oppose pas à nos valeurs" : l’appel des Scouts et Guides de France
Anne-Claire Bellay-Huet et Sophie Mancel des Scouts et Guides de France réagissent aux polémiques qui entourent le nouveau programme scolaire d’éducation à la vie affective, relationnelle et sexuelle (Evars). Alors que des associations catholiques dénoncent une promotion de la "théorie du genre", elles défendent ce programme.
Anne-Claire Bellay-Huet, Sophie Mancel (scouts et guides de France) – La Croix le 13/02/2025 (ici)
Violences sur élèves : entre abus de pouvoir et banalité du mal.
Si les violences subies pendant plusieurs décennies par des élèves d’un lycée-collège privé près de Pau remettent sévèrement en cause les responsables de cette institution, il est incontestable qu’elles débordent du cadre des déviances sexuelles pour s’inscrire dans la continuité des violences éducatives aussi vieilles que l’école.
Bernard Girard – Blog Médiapart le 13 février 2025 (ici)
Quelle éducation populaire aujourd’hui, face aux enjeux de santé et de transition ?
Dans les représentations collectives, l’éducation populaire reste souvent associée à l’époque du Front populaire, à des mouvements associatifs comme la Ligue de l’enseignement ou à des publics spécifiques comme les classes populaires et publics précaires. Elle a pourtant une ambition de portée beaucoup plus large et constitue une réponse à la transition écologique et aux défis sanitaires.
Eric Bidet - The Conversation le 12 février 2025 (ici)
L’éducation pourrait-elle être efficace sans être performante ?
"En France, si nous voulions gagner en performance, il faudrait sortir de la logique de l’efficacité. A l’image de ce qui se fait à l’étranger, il faudrait commencer par s’interroger collectivement sur la pertinence de l’activité éducative. Cela est possible en supprimant les indicateurs de mesure qui n’ont pas de sens et en leur substituant des pratiques d’évaluation qualitative permettant d’initier un processus réflexif" écrit Stéphane Germain. Il interroge dans ce texte la performance du système éducatif français et le pilotage par l’efficacité. "Appliquée aux services publics, la quête de l’efficacité est une erreur conceptuelle" dénonce-t-il, soulignant le paradoxe d’une performance qui ne décolle pas… "Lorsqu’on introduit des pratiques de New Public Management, c’est tout l’inverse de l’intelligence collective qui se produit. En venir à établir des critères de performance au niveau central suppose une vision très mécaniste de l’éducation, considérant les enseignants comme de simples exécutants des décisions normatives" écrit-il.
Stéphane Germain – Le Café Pédagogique le 13 février 2025 (ici)
Pourquoi il faut rompre avec l’idéologie du bien-être en éducation
"À partir des années 2000, la recherche en psychologie et la réflexion pédagogique s’emparent de la notion de bien-être. […] Pourtant et, malgré un consensus presque général, la question du bien-être reste, sans doute en raison de l’ambiguïté du terme et de la multiplicité des théories de référence explicites ou implicites, pédagogiquement problématique.[…] parce qu’on ne peut pas osciller éternellement entre la toute-puissance et le renoncement, parce qu’il faut, tout à la fois, éviter de se fracasser contre le réel et de s’anéantir dans le découragement, éduquer quelqu’un, c’est lui apprendre à faire avec la résistance des choses et des êtres. Ce texte propose une réflexion sur une pédagogie du bien-devenir, en tant qu’elle vise l’émancipation de l’enfant, et les raisons pour lesquelles elle ne peut s’inscrire dans le paradigme du "développement personnel".
Philippe Meirieu – Le Café Pédagogique le 13 février 2025 (ici), le texte intégral (ici)
L’éducation doit être une priorité réelle, pas un slogan creux
En plus des fermetures de classes, le gouvernement a décidé de mettre fin au régime dérogatoire de décharge d’enseignement pour les directeurs d’école à Paris.
Saïd Benmouffok Le Nouvel Obs le 13 février 2025 (ici)
Enseignement explicite : un autre regard
L’enseignement explicite a le vent en poupe. Il se matérialise par l’invitation d’un chercheur québécois, Steve Bissonnette, à des conférences proposées par plusieurs rectorats, par de nombreux articles sur les sites académiques, des manuels pour l’école primaire, ainsi que par la publication d’une note de synthèse du CSEN en juin 2022. Comment expliquer un tel succès de la méthode ? Un autre chercheur québécois, Stéphane Allaire, professeur en pratiques éducatives à l’université du Québec, apporte son éclairage sur cette mode qui a traversé l’Atlantique.
Interview de Stéphane Allaire – Les Cahiers Pédagogique le 13 février 2025 (ici)
Le numérique et l’IA pourront-ils remplacer les enseignants ?
Après le sommet mondial sur l’IA organisé à Paris, il est intéressant et peut-être important de se poser la question qui fâche le monde de l’éducation : les enseignants pourront-ils être remplacés par les technologies numériques et en particulier l’IA ? Question absurde, mais crainte réelle. L’absurdité d’une telle question tient au fait que la transmission entre générations n’est pas qu’une mécanique bien huilée et automatisable, mais plutôt une alchimie qui révèle la complexité de l’humain. Crainte réelle car depuis l’avènement de l’informatique dans le monde scolaire, les enseignants se sentent fragilisés au quotidien, alors que leur cadre d’exercice professionnel imposé par l’Etat et le ministère adhoc, les protège et tient à bonne distance les technologies informatiques et numériques. Cependant l’avènement de l’IA dans l’espace public repose la question des "limites" et des "porosités" du monde scolaire. Ces évolutions amènent les acteurs du quotidien à s’interroger sur leurs manières de faire compte tenu du contexte dans lequel ils vivent. Qu’on le veuille ou non, l’école n’est pas un sanctuaire à l’abri des réalités du monde, mais bien un élément de la société à laquelle elle contribue.
Bruno Devauchelle – Le Café Pédagogique le 14 février 2025 (ici)
Au ministère de l’Education, les limites de Borne
La 39e et la 5e. Depuis les débuts de la Ve République, Elisabeth Borne est la 39e ministre de l’Education de plein exercice. Et c’est la 5e femme à occuper ce poste.
Pour les amateurs de statistiques, on peut aussi souligner que l’année 2024 est celle qui a vu se succéder cinq ministres. La durée moyenne d’occupation du poste est de 656 jours, hors intérim, soit un an, neuf mois et trois semaines. Mais après le recordman de longévité Jean-Michel Blanquer, lors du second quinquennat d’Emmanuel Macron, les ministres de l’Education ne sont restés à leur poste que 186 jours en moyenne, soit un peu plus de six mois.
On ne sait pas combien de temps va durer Elisabeth Borne, nommée le 23 décembre, mais ces chiffres interrogent sur le réel pouvoir d’action des ministres. Pourtant, l’Education est un domaine où c’est le temps long qui devrait compter, plutôt que la "fast-politique" actuelle.
Elisabeth Borne semble vouloir revenir sur un certain nombre de mesures prises par Gabriel Attal (lorsqu’elle était Première ministre). Mais quelle est sa marge de manœuvre dans un contexte très contraint et une année bien entamée ? Est-elle libre de sa politique ? Quelles sont ses positions et convictions, alors qu’elle affirmait à sa nomination "ne pas être une spécialiste" ? Y aura-t-il une politique éducative digne de ce nom ?
Philippe Watrelot - Alternatives Économiques Le 14 Février 2025 (ici)
Violences de Bétharram : sortir de l’omerta en modifiant la loi
La sénatrice écologiste Monique De Marco montre la nécessité de renforcer le cadre législatif pour en finir avec les failles du contrôle de l’Etat sur les établissements privés sous contrat.
Monique De Marco – Libération [€] le 15 février 2025 (ici)

