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Discours de politique générale de F. Bayrou : le verbatim des moments consacrés à l'éducation

Paru dans Petite enfance, Scolaire, Périscolaire, Orientation le mardi 14 janvier 2025.

Le Premier ministre François Bayrou a prononcé son discours de politique générale ce mardi 14 janvier à 15h devant les députés à l'Assemblée nationale. ToutEduc a retranscrit ses propos concernant l'éducation.

"Dans la refondation de notre projet, l’éducation nationale, l’enseignement supérieur et la recherche sont un sujet essentiel. Une des fiertés de ma vie est d’avoir été un enseignant de l’Education nationale et d’avoir des enfants enseignants de l’Education nationale. Une des fiertés de ce gouvernement est d’avoir placé en premier le ministère de l’Education nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, et de l’avoir confié à une femme au parcours exemplaire qui est en ce moment au Sénat en train de lire la même déclaration de politique générale.

Mais comment accepter que l’école française, qui était la première au monde, se voit classée au rang qui est le sien aujourd’hui en mathématiques comme en lecture ? Les enseignants de notre université dépeignent des étudiants de première année, après 13, 14 ou 15 années d’école, qui ne parviennent pas à écrire un texte simple, compréhensible avec une orthographe acceptable.

Ceci est pour moi le plus grand de nos échecs. Et c’est un échec dont sont victimes les plus faibles parce que ceux qui viennent de milieux qui n’ont pas les codes, qui ne connaissent personne comme on dit, qui n’ont accès ni à l’influence, ni au pouvoir, se voient écartés sans recours dès l’instant qu’on ne leur donne pas les armes pour affronter la traversée de ces formations supérieures.

Et j’ajoute que tous ceux-là, l’obligation d’orientation précoce les perturbe et les met en danger. Les enfants ne sont pas comme les poireaux, ils ne poussent pas tous à la même vitesse. Et vouloir sélectionner précocement, sans qu’aient mûri l’esprit et les attentes, je pense que c’est une erreur, en tout cas une faiblesse. Et je pense que, dans notre système scolaire et universitaire, il faut que puissent être acceptés et même favorisés les réorientations, les changements de formation."

Interpellé par une députée sur Parcoursup, le premier ministre répond et poursuit son discours.

"Vous avez raison, Parcoursup est une question. Et donc c’est précisément ce que je suis en train de dire. Et donc, nous avons besoin d’ouvrir les portes sans doute en inventant la période, l’année d’articulation entre l’enseignement secondaire et l’enseignement supérieur. Ce qu’on appelait autrefois propédeutique, c’est-à-dire la préparation à un enseignement dont on ne maîtrise pas jusque les bases et les capacités, doit être, devrait être, une préoccupation pour l’organisation de notre système éducatif.

Parce que ses enfants et ces jeunes, si on les écarte dès la classe de seconde, naturellement rendront à la nation le plus mauvais des services. Combien sur ces bancs (de l'Assemblée nationale, ndlr) étaient, lorsqu’ils avaient 13, 14, 15 ans, plutôt en rupture d’école qu’en succès à l’école ? Combien ont trouvé dans la vie des chemins jusque-là inimaginableq pour eux ?

Ce que je trouve regrettable dans notre système éducatif, c’est que très tôt les choses se jouent, trop tôt pour ceux qui n’appartiennent pas aux milieux les plus favorisés.

Ma conviction est que les gisements de progrès sont du côté des enseignants. Tous ici avons devant les yeux le visage et la voix d’enseignants qui nous ont révélés à nous-mêmes, qui parce que le regard qui s’est posé sur l’enfant que nous étions, ont changé sa vie. Ces enseignants magnifiques existent, ils sont nombreux mais notre organisation de l’Education nationale ne parvient pas à les repérer, ou les repère si peu, et les trésors de pédagogie qu’ils ont élaborés sont perdus.

Je veux rappeler ici, je le disais à l’instant, l’intuition fondatrice que le président de la République a présentée au pays en 2017 : combattre l’assignation à résidence, l’assignation à la naissance, du quartier, de la religion, de la consonance du nom, de l’accent. Ces difficultés nées de familles éclatées, de l’adolescence solitaire, offrir à tout cela, tout au long de la vie, de nouvelles chances. 

Parmi les combats à mener : la promotion de la lecture contre le monopole des écrans. Je sais qu’un chemin est possible en formant mieux nos professeurs afin de mieux les préparer. Je sais les difficultés parce que les écrans ont pris désormais le pas sur tout autre mécanisme de transmission des connaissances. Mais cet enjeu est un enjeu national, et je proposerai que nous le reprenions en faisant appel à toutes les compétences qui ont pu se créer pour transmettre la lecture, par exemple, à l’intelligence artificielle. Et aussi, en poursuivant la grande réforme de l’enseignement professionnel, engagé par les gouvernements précédents."

Par ailleurs, le Premier ministre rappelle que "nous allons fêter le 20ème anniversaire (de la politique du handicap) avec la loi de 2005  (...). L''école pour tous est en crise et il faut (l') améliorer alors que cette politique de l'école inclusive a atteint une masse critique." Le Premier ministre évoque encore la tenue "dans les meilleurs délais" d'un comité interministériel du handicap". Il estime par ailleurs que "c'est à l'école que se joue l'avenir du sport".

A noter qu'Elisabeth Borne lisait au même moment au Sénat le discours du Premier ministre. Elle a lu des phrases relatives à l'éducation que François Bayrou n'avaient pas prononcées : 

"La pause numérique doit être généralisée."

"L’une des réformes les plus importantes à mener est celle de la formation initiale et surtout continue (des enseignants, ndlr)."

Elle a annoncé que serait aussi engagée "une grande consultation sur le temps scolaire".

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