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La scolarité d’un enfant sur 7 perturbée en 2024 à cause de crises climatiques (Unicef)

Paru dans Scolaire le lundi 27 janvier 2025.
Mots clés : UNICEF, climat, filles

En 2024, les crises climatiques ont perturbé la scolarité de près de 250 millions d’enfants dans le monde, soit d’un enfant sur sept. Dans un rapport paru ce 24 janvier, l’Unicef analyse pour la première fois "les aléas climatiques ayant entraîné des fermetures d’écoles ou une interruption importante du calendrier scolaire, ainsi que l’impact de ces perturbations sur les enfants".

Déjà en novembre dernier, l’Unicef alertait qu’en raison de la hausse des crises climatiques à venir, huit fois plus d’enfants seront exposés à des vagues de chaleur extrêmes et trois fois plus à des crues extrêmes par rapport aux années 2000.

128 millions d’élèves touchés en Asie du Sud

Vagues de chaleur, cyclones tropicaux, tempêtes, inondations ou sécheresses, les évènements météorologiques extrêmes, plus intenses et plus fréquents, aggravent les crises d’apprentissage. L’an dernier, les fermetures d’école ont été causées en majorité par des vagues de chaleur qui ont bouleversé la scolarisation de 118 millions d’élèves rien que pour le mois d’avril. "En mai, dans certaines régions d’Asie du Sud, la température a atteint 47 degrés Celsius, exposant les enfants à un risque d’hyperthermie", précise le rapport. "L’organisme des enfants est particulièrement vulnérable. Leur température augmente plus rapidement et redescend plus lentement que celle des adultes, car ils transpirent de manière moins efficace", explique dans un communiqué Catherine Russell, directrice générale de l’UNICEF.

C’est l’Asie du Sud qui est la région la plus touchée du monde, avec 128 millions d’enfants concernés. En Asie de l’Est et dans le Pacifique, ce n’est pas moins de 50 millions d’élèves. En Afrique, "les conséquences dévastatrices du phénomène El Niño se sont poursuivies, l’Afrique de l’Est ayant notamment été touchée par de fortes pluies et des inondations fréquentes, et certaines parties de l’Afrique australe ayant subi de graves sécheresses."

Les pays plus riches ne sont pas épargnés. "Si près de 74 % des élèves touchés l’an dernier vivaient dans un pays à faible revenu", pluies torrentielles et inondations ont perturbé la scolarité de 900 000 élèves en Italie en septembre et de 13 000 enfants en Espagne en octobre.

Les filles plus exposées aux risques de déscolarisation et de violences

En plus de détériorer les infrastructures et les fournitures, les événements climatiques extrêmes ont "des répercussions sur la mémoire ainsi que la santé mentale et physique des élèves". Le rapport souligne également d’autres conséquences indirectes. "Dans les contextes fragiles, la fermeture prolongée des écoles réduit la probabilité de rescolarisation pour les élèves et les expose à un risque accru de mariage précoce et de travail des enfants." L’analyse précise que les filles "sont souvent touchées de manière disproportionnée par ces phénomènes, et (elles) font face à des risques plus élevés de déscolarisation et de violence liée au genre pendant et après les catastrophes".

Face à cette aggravation de la crise d’apprentissage, déjà nourrie par la pénurie d’enseignants, de classes surchargées, d’inégalités d'accès à la scolarité, l’Unicef invite à "renforcer la résilience des systèmes éducatifs", alors même "que les écoles et les systèmes éducatifs sont en grande partie sous-équipés lorsqu’il s’agit de protéger les élèves de ces conséquences". En cause : la faiblesse des investissements centrés sur le changement climatique dans le secteur de l’éducation et le manque de données sur le sujet.

L’Unicef appelle les dirigeants mondiaux à veiller "à ce que les plans nationaux en matière de climat renforcent les services sociaux essentiels aux enfants", à investir dans des établissements scolaires résilients et climato-compatibles, à accélérer le financement et à intégrer "dans tous les domaines l’éducation aux changements climatiques".

Le rapport ici.

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