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Mayotte : un plan d'évacuation des centres d'hébergement d'urgence insuffisant pour assurer la rentrée scolaire

Paru dans Scolaire le lundi 06 janvier 2025.
Mots clés : Chido, Mayotte, cyclone, rentrée scolaire

Après le passage du cyclone Chido à Mayotte, la situation est toujours très critique pour la population sur place qui souffre du manque de ressources et d'absence de logements. Les modalités de la rentrée scolaire, prévue le 13 janvier pour les enseignants, le 20 pour les élèves et qui se fera "au cas par cas" a affirmé Elisabeth Borne hier au micro de BFM TV, restent à éclaircir, alors même que nombre d'établissements scolaires ont été occupés ou le sont encore après les destructions d'habitations. 

Annonce d'un plan d'évacuation des centres d'hébergement d'urgence

Invité sur le plateau du JT de Mayotte La 1ère vendredi 3 janvier, le préfet François-Xavier Bieuville a déclaré qu'un plan d'évacuation des centres d'hébergement d'urgence (mis en place en partie dans des établissements scolaires, ndlr) "va être enclenché dès le début de la semaine prochaine pour qu'entre le 5 et le 13 janvier on puisse récupérer ces centres pour leur vocation première qui est l'école", rapportent nos confrères de l'antenne de France Info à Mayotte le jour du passage à l'écran du préfet.

Comme le rappelle Florence Aubenas pour le Monde dans un article du 5 janvier, "le 14 décembre 2024, la population avait été appelée à rejoindre des abris d’urgence, une centaine sur tout le territoire, dont beaucoup d’écoles, de collèges ou de lycées, désertés avec les vacances scolaires. Si l’immense majorité des hébergés a quitté les lieux sitôt après le cyclone, 2 470 d’entre eux sont toujours installés dans une vingtaine de sites, selon la préfecture, faute de relogement. Il s’agit des personnes les plus vulnérables, des migrants, notamment venus des Comores ou du continent africain". Le plan d'évacuation annoncé par le préfet vise donc à déloger ces populations mises à l'abri dont une partie a déjà quitté les écoles, comme ce fut le cas pour des personnes occupant un groupe scolaire de Mamoudzou après le passage d'agents de la mairie qui en annonçait l'évacuation, rapporte la journaliste du Monde. Mais d'autres écoles sont encore occupées par des sinistrés. 

Pour le journal réunionnais Le Quotidien, la rentrée scolaire à Mayotte est "un vrai casse-tête". Dans un article du 5 janvier, le média rapporte les différents scénarios envisagés par la préfecture, après que la rédaction a eu accès à une note du 2 janvier sur la stratégie de la rentrée scolaire. "Concernant les lycées Kwalé et Bamana où logent environ 700 personnes originaires d’Afrique, un 'éloignement' (expulsion du territoire, ndlr) doublé d’un camp de tentes est envisagé. Pour ce qui est des quelque 2 000 sinistrés qui sont dans les établissements du 1er et du 2nd degré, la note préfectorale voit plusieurs scénarios possibles : une évacuation sèche dès ce lundi 6 janvier sans proposition de relogement, ou encore un éloignement et/ou placement dans des camps en tente ou dans des hébergements d’urgence", écrit le ou la journaliste (seules ses initiales sont indiquées). 

Des milliers de personnes évacuées

Le média "de la Réunion et de l'océan Indien" estime difficile de quantifier le nombre de personnes concernées. "Plusieurs milliers auraient déjà été 'évacués' des établissements scolaires, écrit-il. Ce sont 6 000 sinistrés qui ont été foutus dehors sans aucune enquête sociale, alors qu’ils sont français pour certains, ou demandeurs d’asile, parents d’enfants français scolarisés à Mayotte, nés ici." Toujours d'après le média, des forces de secours et de sécurité ont elles aussi trouvé un abri dans les établissements scolaires. Gendarmes et policiers "devraient pouvoir rester dans les hébergements qu’ils occupent, avec un aménagement des établissements pour une séparation avec les élèves". Pour les 900 pompiers et membres de la Sécurité civile, la note préfectorale prévoit une ou deux bases autonomes en tentes.

La présence de sinistrés dans les établissements provoque des tensions entre habitants. Un article de Mayotte Hebdo du 3 janvier détaille la manifestation de parents d'élèves qui s'est tenue vendredi 3 janvier devant le lycée Bamana à Mamoudzou pour que les sinistrés quittent les lieux. La journaliste présente sur place rapporte les propos d'une mère "tenant une pancarte demandant de libérer l’école" : "Les gens doivent partir, nos enfants ont besoin de retourner à l’école, eux aussi ils ont souffert psychologiquement." Pour Safina Soula, présidente du collectif citoyen Mayotte 2018 venu soutenir le mouvement, "les Mahorais sont déjà dans le besoin, on ne peut pas héberger tout le monde", arguant également que "la majorité des sinistrés sont issus de l’immigration clandestine". Un des sinistrés, interviewé par la journaliste dit : "Elles (les personnes qui manifestent, ndlr) veulent qu’on parte, mais on n’a nulle part où aller, nos maisons sont détruites. Il y a des femmes et des enfants ici." La journaliste de Mayotte Hebdo écrit que "pour l’heure, aucune autre solution n’a été proposée aux mis à l’abri temporaire qui redoutent de devoir dormir dans la rue. 'Il y a des gens ici qui se sont fait agresser, on ne peut pas dormir dehors' insiste Abdou (un des sinistrés, ndlr)."

Au vu des dégâts, la tâche est "immense" pour assurer la rentrée scolaire estime Le Quotidien : "renouvellement des stocks, acheminement de matériaux et de personnels, installation de solutions temporaires, sécurisation des écoles, lycées, collèges, jusqu’aux clôtures à remettre en état", liste le média réunionnais qui ajoute : "En même temps, du 13 au 20 janvier, le rectorat de Mayotte va recenser le personnel disponible, enseignants et administratifs. Viendra ensuite le recensement des élèves. De ceux qui pourront revenir en tout cas. D’ici là, ceux qui ont été 'évacués' ces derniers jours des centres d’hébergement devront trouver un toit pour s’abriter."

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