Réduction d'effectif: une fausse bonne idée? (Think tank américain)
Paru dans Scolaire le mardi 26 avril 2011.
Un "think tank" américain progressiste estime que mieux vaudrait augmenter les salaires des enseignants que de réduire les effectifs des classes, contrairement à ce que pensent les trois quarts des américains. Il rappelle que la Californie a dépensé 1,5 milliard de dollars par an dans les années 90 pour réduire la taille des classes en élémentaire. En Floride, c'est du jardin d'enfant au lycée que les effectifs ont été réduits. En 40 ans, aux USA, le nombre d'élèves par enseignant a été réduit de 30%. Une seule étude, conduite dans les années 80, a éabli un lien entre les réductions d'effectifs dans les premières années de scolarité et les résultats aux tests, surtout pour les élèves de milieux défavorisés ou afro-américains. Mais il n'y a pas eu d'amélioration en Californie ni en Floride, peut-être parce qu'il a fallu embaucher de jeunes enseignants moins efficaces. Passer de 24 à 16 élèves suppose en effet de recruter 50% d'enseignants supplémentaires, et de construire des locaux. La recherche montre que ces politiques n'ont d'effets positifs que si elles sont ciblées. A grande échelle, elles coûtent très cher, n'ont au mieux que des effets très modestes, et se font aux dépens d'autres investissements.
Les chercheurs estiment que la qualité des enseignants est un facteur déterminant. Mieux vaudrait, estime un économiste, remplacer les mauvais enseignants par d'autres, plus efficaces. Un établissement peut certes diminuer la taille des classes pour l'accueil d'enfants handicapés par exemple, ou pour un jeune enseignant, tandis qu'un "vétéran" aura des effectifs plus importants, et recevra une compensation financière.
Le site du Center for american progress.