Lycées professionnels : les parcours "en Y" maintenus mais aménagés et laissés à la main des établissements
Paru dans Scolaire, Orientation le mercredi 18 février 2026.
Edouard Geffray, qui endosse "la réforme des lycées professionnels engagée en 2023" marquée par la gratification des stages, l'installation de bureaux des entreprises "et la mise en place de groupes à effectifs réduits en français et mathématiques", annonce "des aménagements spécifiques concernant l'année de terminale professionnelle" : "Les épreuves écrites du baccalauréat professionnel seront repositionnées à la mi-juin (...). Après ces épreuves, les équipes pédagogiques organiseront la préparation à l'oral de projet et aux épreuves de contrôle."
Le ministre supprime donc le "parcours en Y" (six semaines ramenées par E. Borne à 4 semaines, en fin d'année de Terminale pour préparer ou une insertion professionnelle ou une poursuite d'études), mais il en conserve une partie. Chaque établissement proposera aux élèves "soit deux semaines de formation en milieu professionnel", "soit deux semaines de temps d’accompagnement préparant à la poursuite d’études". Ces deux semaines devront être positionnées "avant la période des vœux Parcoursup".
Le ministre fait de plus valoir que, "depuis 2023, 23 000 places supplémentaires ont été ouvertes", ciblant majoritairement les services à la personne (25 %) et l’industrie (50 %). Il précise que près de 4 000 places sont mobilisables pour préparer aux métiers du nucléaire, "chaudronnerie, soudage, maintenance, environnements connectés…".
Les réactions syndicales sont diverses, sans que se manifeste l'intersyndicale de l'enseignement professionnel.
Les syndicats de la FSU se satisfont du report des épreuves écrites du baccalauréat au mois de juin mais dénonce le maintien du "parcours personnalisé" qui "n’est pas complètement enterré", et commente, "C’est encore un bricolage pour tenter de sauver les apparences".
Le SNETAA ne cache pas sa colère et "quitte le comité de suivi de la voie professionnelle (...). À l’inverse de toutes les discussions et constats en quatre réunions depuis ce début d’année 2026, Edouard Geffray décide de faire marche arrière (sous quelles pressions ?) et annonce le maintien de deux semaines de Y (...). Le malheureux foutoir de fin d’année dans l’enseignement professionnel est donc maintenu et avancé." Le syndicat FO de l'enseignement professionnel avait fait valoir lors de ces réunions qu'il était impossible d'ajouter deux semaines de PFMP (périodes de formation en milieu professionnel) avant mars, et pensait que le ministre avait entendu cet argument, il a eu d'autant plus le sentiment d'avoir été trahi qu'il a vu sortir hier à 17h une interview du ministre sur le site de nos confrères des Echos alors que la réunion avec les organisations syndicales se tenait à 15h ! Le ministre, dont le SNETAA suppose qu'il s'est fait tordre le bras, peut-être par l'Elysée, avait donc renoncé à supprimer ce "parcours personnalisé" depuis plusieurs jours, mais n'en avait pas prévenu ses interlocuteurs.
Pour la CGT, "même réduit et placé à un moment différent de l’année, ce parcours va engendrer dysfonctionnements, désorganisation et absentéisme !"

