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G. Perra, principal accusateur des écoles Steiner, traité de "prédateur sexuel", débouté en appel de sa plainte pour diffamation

Paru dans Scolaire le dimanche 01 février 2026.

Grégoire Perra est un "témoin fréquemment cité dans le rapport de la MIVILUDES qui s'est intéressée aux écoles Steiner Waldorf" (comme l'avait noté ToutEduc en 2022, ici, et ici pour le rapport lui-même, pages 75 et 76). La "Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires" mettait alors en garde contre ces écoles en se fondant, au moins pour partie, sur les accusations de ce professeur de philosophie. En 2023, Nicolas Tavernier publie sur le site de l'ANPAPS une réponse aux allégations de Grégoire Perra dans laquelle il évoque son "imposture", "sa psychologie malade", le traite de "fieffé menteur", d' "affabulateur", d' "agresseur sexuel"  (...) toujours prêt à tordre la réalité, mentir et manipuler pour sauver sa peau, au mépris de sa jeune victime d'alors". Il avait ajouté "II ose tout, c'est même à ça qu'on le reconnaît". Il réagissait à une interview donnée par G. Perra au Point, largement reprise par de nombreux médias, et à "des milliers de tweets très virulents à l'égard de la pédagogie Steiner". ToutEduc avait pu constater que, pour nombre de nos consoeurs et confrères, il faisait autorité lorsqu'il dénonçait le caractère sectaire de ces écoles puisqu'il était reconnu par la Miviludes comme un témoin digne de foi (quoique celle-ci n'ait jamais explicitement considéré qu'elles relevaient de la définition d'un mouvement sectaire, elle le laissait toutefois entendre implicitement). 

Nicolas Tavernier avait été condamné en 2023 par le tribunal correctionnel d'Évreux pour insultes et diffamation à 5 000 € d'amende, 3 000 € en réparation du préjudice moral, 10 000 € au titre des frais engendrés par la procédure. Président de l' "Association des parents, anciens élèves et soutiens à la pédagogie Steiner-Waldorf", il a fait appel. Le jugement vient d'être rendu et ToutEduc a pu le consulter. 

Après avoir rappelé qu'il "existe une vingtaine d'écoles Steiner-Waldorf" en France, la Cour d'appel de Rouen souligne que G. Perra en a été élève "à partir de la classe de CE2", qu'il est devenu, en 1995 "membre de la Société anthroposophique en France" pour laquelle il a produit "plusieurs rapports", et que, titulaire d'un CAPES de philosophie, il "a travaillé, à la fois, pour l'Éducation nationale et pour l'école Steiner-Waldorf Perceval de Chatou", avant de démissionner en 2007 après que l'une de ses élèves "aurait dénoncé à la direction de l'école des faits d'abus sexuel commis à l'occasion d'une sortie scolaire". À partir de 2010, il "a pris ses distances avec la doctrine anthroposophique", publié divers écrits critiques, sur le site de l'UNADFI ("Union nationale des associations de défense des familles et de l'individu"), sur son blog personnel et sur ses réseaux sociaux. 

C'est dans ce contexte qu'a été créée l'ANPAPS et que N. Tavernier a publié un texte comportant, selon le plaignant, des "passages injurieux à son encontre" et une affirmation diffamatoire. La Cour d'appel relaxe N. Tavernier. Elle note que G. Perra a "rédigé une lettre d'excuse aux parents de la jeune fille et évoque lui même ces événements expliquant lui avoir mis la main sur la cuisse", que l'utilisation de l'expression "cet agresseur sexuel" est "le résultat d'une enquête sérieuse" et que "ces termes ne revêtent pas un caractère diffamatoire". Quant aux termes qualifiés d'injurieux, ils "revêtent un caractère désagréable voire discourtois mais aucunement injurieux", d'autant que G. Perra manie lui-même l'insulte.

Selon un communiqué de l'ANPAPS, "un pourvoi en cassation a été formé contre cet arrêt par Monsieur Perra en ce qui concerne ses intérêts civils. Sur le plan pénal, la relaxe de Monsieur Tavernier est définitive". ToutEduc n'a pas contacté Grégoire Perra ; celui-ci nous ayant adressé des menaces parce qu'une de nos dépêches lui avait déplu, nous n'avons pas jugé possible de l'interroger. 

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