Des enseignants du privé pourraient accéder aux concours d'inspecteurs (DÉPÊCHE COMPLETÉE)
Paru dans Scolaire le vendredi 13 février 2026.
ATTENTION. DÉPÊCHE COMPLETÉE à 16h
Le SPELC se félicitait la semaine dernière d'avoir appris de la bouche du ministre que les enseignants du privé sous contrat pourraient se présenter au concours d’inspection (l'UNSA pense qu'il s'agit du concours de recrutement des IA-IPR uniquement). Edouard Geffray le lui a indiqué lors d'une audience le 2 février : "un texte réglementaire est actuellement en préparation". Le "syndicat professionnel de l'enseignement libre catholique" rappelait qu'il s'agit pour lui d'une revendication "de longue date" fondée sur un principe, "à missions identiques, reconnaissance identique".
Le CNAL réagit ce 13 février et pour le Comité national d'action laïque, "cette revendication constitue une ligne rouge qui ne doit pas être franchie" puisqu'il s'agit de personnels qui "ont fait le choix de ne pas servir l’Etat et qu'ils exercent dans des établissements qui sont "en concurrence avec le service public d’éducation". Il récuse l'argument du SPELC sur l'identité des missions, doute de la neutralité de ces agents devenus inspecteurs et "demande le retrait immédiat de ce projet".
Le SNEP (le syndicat UNSA de l'enseignement privé) rappelle qu'il demande aux ministères de l'éducation nationale et de l’agriculture "des clarifications" au sujet du statut des enseignants.
Pour sa part, l'UNSA-Education dénonce "un glissement qui ne dit pas son nom" et "une normalisation silencieuse d’un continuum public-privé". Elle rappelle qu'à propos des inspections d'établissements privés, "le ministre a publiquement mis l’accent sur des 'problèmes de positionnement' de certains inspecteurs". Elle demande "le retrait immédiat de cette mesure" qui serait aussi destinée à pallier des difficultés de recrutement des corps d’inspection.
De son côté, la FEP-CFDT qualifie d' "erronée" l'information donnée par le SPELC. Sa secrétaire générale de la fédération de l'enseignement privé a interrogé, hier 13 février, la DAF (la direction des affaires financières qui gère l'enseignement privé, ndlr)"concernant l’ouverture des concours Perdir et Inspecteurs aux maîtres du privé". En ce qui concerne les premiers, "un projet de décret ouvrant le concours de personnel de direction aux maîtres du privé est actuellement soumis à un examen interministériel. Il s’agit de la première étape du processus réglementaire. Une fois finalisé, ce projet de décret sera présenté lors d’une prochaine réunion CCMMEP (comité consultatif ministériel des maîtres de l'enseignement privé, ndlr)". Pour ce qui est des concours d’inspecteurs, leur ouverture "aux maîtres du privé fait toujours l’objet d’une étude exploratoire menée par la direction de l’encadrement du ministère. Cette étude vise à en évaluer la faisabilité technique. À son issue, un arbitrage pourra être rendu par le ministre". La FEP rappelle qu'elle avait déjà posé la question lors du CCMMEP du 28 janvier, "cette interpellation est restée sans réponse".
ToutEduc avait choisi de ne pas relayer cette information qui n'était pas stabilisée, mais a réagi ce matin pour tenir compte de l'importance de la polémique soulevée.
Rappelons que des professeurs agrégés (reçus au concours public) peuvent être affectés dans des établissements privés (c'est le cas de l'épouse d'Edouard Geffray), et que les agrégés peuvent se présenter au concours des IA-IPR (inspecteur pédagogie régional).

