Evaluation des collèges et lycées : le syndicat FO des personnels de direction demande la suppression de l'audit externe
Paru dans Scolaire le jeudi 15 janvier 2026.
Dans un contexte qui voit augmenter les difficultés pour les personnels de direction, "conditions d'exercice dégradées" du fait du non remplacement de personnels administratifs, absence de budget 2026 et donc de données pour préparer la prochaine rentrée, "naufrage du choc des savoirs" qui a "juste créé du désordre et du découragement", nouvelle réforme de la terminale professionnelle, annonce par le président d'une interdiction du téléphone au lycée alors que la plupart des établissements ont déjà résolu le problème..., le syndicat FO des personnels de direction, "Indépendance et direction" demande la suppression de l'évaluation "externe" des établissements. Elle présentait à la presse ce 15 janvier ses réclamations.
Rappelons que le CEE, Conseil d'évaluation de l'école, a été créé par la loi de 2019 "pour une École de la confiance" et que l'évaluation d'un établissement comporte deux phases, la première d'auto-évaluation, en interne tandis que la seconde, dite "évaluation externe" voit intervenir "trois ou quatre évaluateurs (...) choisis pour leur expertise et leur impartialité (...). Ils peuvent être inspecteurs, personnels de direction, enseignants, cadres pédagogiques ou administratifs, etc.".
La partie interne de l'évaluation qui "favorise le travail collaboratif" et "l'émergence d'un diagnostic partagé", est "plutôt plébiscitée". Elle permet à la communauté, y compris élèves et parents, de s'approprier le projet d'établissement. Mais la seconde phase est chronophage pour 9 sur 10 des personnels de direction qui ont renseigné l'enquête lancée par ID-FO, et elle est "inutile" pour la moitié d'entre eux, d'autant que ses conclusions seraient trop souvent "en décalage avec les réalités des établissements".
Et quand bien même les conclusions de cet audit confirmeraient celles de la phase en interne, encore faut-il qu'elles trouvent une traduction concrète, que "les moyens suivent". Les responsables syndicaux font état d'un sentiment d'inutilité, ce document n'est d'ailleurs jamais évoqué dans le "dialogue de gestion" avec l'académie qui se fonde plutôt sur le diagnostic établi par le chef d'établissement lors de sa prise de fonction. Au-delà des interrogations sur la phase externe du CEE, c'est surtout la multiplication des évaluations sans lendemains, et donc l'absence de cohérence ministérielle que dénonce le syndicat.

