Edition 2023 de Cedre : une stabilité du niveau mais les inégalités persistent (Depp)
Paru dans Scolaire le vendredi 14 février 2025.
Les résultats de l’édition de 2023 du dispositif dit Cedre (cycle des évaluations disciplinaires réalisées sur échantillon), conçu et conduit par le service statistique de l’Education nationale, viennent de sortir sous la forme de deux notes de la Depp. Portées sur les compétences et les connaissances attendues en histoire, en géographie et en enseignement moral et civique (EMC), l’une est consacrée aux élèves en fin d’école, l’autre à ceux en fin de troisième.
Pour rappel, ces bilans nationaux évaluent les acquis des élèves au regard des objectifs fixés par les programmes scolaires. Renouvelés tous les cinq ou six ans, ils "permettent une comparaison du niveau des élèves à dix-sept ans d’intervalle sur quatre temps de mesure : 2006, 2012, 2017 et 2023". Pour apprécier l’évolution des acquis des élèves, ces derniers sont positionnés sur une échelle de performances qui balaie six niveaux de maîtrise.
En fin d’école : une stabilité du niveau moyen mais des différences selon le contexte social
Depuis 2006, une stabilité du niveau moyen est observée chez les élèves à la fin du cycle élémentaire. Aucune différence forte n’est relevée entre le score moyen des garçons par rapport à celui des filles pour 2023 (respectivement 249 et 246 points). Et la hausse de la proportion des élèves appartenant aux groupes les plus faibles est équivalente pour les filles et les garçons (+ 4 points).
En prenant en compte l’IPS (indice de position sociale), "les différences de niveaux des élèves restent très marquées par le contexte social de leur école. Le score moyen progresse à mesure que l’indice de position sociale moyen de l’école augmente", constate la Depp. L’écart de performance entre les élèves des écoles les plus favorisées socialement et ceux des écoles les moins favorisées s’accroît même de 5 points par rapport à 2017. En éducation prioritaire, la part des élèves dans les groupes les plus faibles est en hausse de 12 points, contre seulement un point supplémentaire dans le reste du secteur public.
Alors que les filles montrent plus d’appétences pour l’enseignement moral et civique (les trois quarts disent apprécier cette discipline contre deux tiers des garçons), les garçons se tournent plus volontiers vers l’histoire et la géographie (trois sur cinq contre la moitié des filles). Par ailleurs, une augmentation des pratiques culturelles est constatée, avec "sept élèves sur dix (qui) déclarent regarder des émissions de télévision, visiter des musées ou des lieux culturels et géographiques et utiliser internet (et) six élèves sur dix (qui) indiquent s’intéresser à ces disciplines en lisant des livres, magazines ou journaux".
A la sortie du collège : augmentation de la part des élèves en difficulté
En fin de collège, les résultats sont, comme en fin d’élémentaire, stables entre 2017 et 2023 et "plus homogènes" avec une diminution de l’écart-type passant de 48 en 2017 à 45 en 2023. Cette moindre dispersion dans différents groupes est en partie due à une augmentation du groupe en relative difficulté, qui est le plus représenté en 2023. Cette hausse s'est faite au détriment du groupe le plus performant, contribuant au phénomène d'homogénéisation.
Les performances entre filles et garçons se réduisent, "du fait d’une baisse plus importante de la performance des garçons par rapport à celle des filles au cours de la période 2006-2023".
Comme pour l’école, le contexte social du collège joue un rôle dans la "persistance des inégalités de performances". Ainsi, en 2023, le groupe de performance le plus élevé rassemble 8,3% des élèves du quatrième quartile (collèges les plus favorisés) contre 2% des élèves du premier quartile. Cependant, dans les établissements du dernier quartile d’IPS, la représentation des élèves du groupe le plus performant atteint son niveau le plus faible depuis 2006.
A la question, "l’histoire et la géographie jouent un rôle important pour…", deux élèves sur trois répondent "l’acquisition d’une culture générale", un élève sur deux déclare qu’elles permettent de mieux "comprendre le monde dans lequel on vit" et un quart retient qu’elles servent à se repérer dans l’espace et le temps. S’agissant de l’EMC, les élèves pensent qu’il vise d’abord à "apprendre à devenir citoyen" (44 %), à "apprendre à vivre en société" (37 %) et à "comprendre les valeurs de la République" (37 %).
25% des jeunes déclarent lire "souvent" ou "très souvent" des livres et revues dédiées à ces disciplines, contre 12% en 2017. Les émissions de télévision et les films sont regardés "souvent" et "très souvent" dans un but éducatif par un élève sur deux. Et une augmentation de l’intérêt pour la fréquentation des lieux touristiques et des sites géographiques s’observe (32 % en 2023, contre 20 % en 2017), de même que pour la recherche documentaire en ligne. "Les pratiques culturelles des élèves autour de l’histoire et de la géographie se diversifient donc autant qu’elles confirment une place accrue dévolue aux ‘écrans’ dans l’accès à la documentation complémentaire au cours", conclue la Depp.

