A quoi servent les évaluations de mi-CP ? La réponse du CSEN
Paru dans Scolaire le mercredi 12 février 2025.
"À l’heure où nos élèves du CP passent les deuxièmes évaluations de l’année scolaire, on peut s’interroger sur la nécessité de ces passations." Le CSEN publie donc un nouveau numéro du "Passeur", la "lettre" du Conseil scientifique de l'Education nationale pour répondre aux enseignants qui seraient dubitatifs. Ces tests ciblent "des habiletés fondamentales et les signes avant-coureurs des difficultés de l’apprentissage".
Le "Guide des scores" permet en effet aux enseignants de répartir les élèves en fonction de l'intensité de l'attention à leur apporter. Le CSEN distingue "trois paliers d’intensité". Le premier "désigne l’enseignement collectif, dit universel, réalisé en classe", il doit permettre à 80 ou 85 % des élèves "de réaliser les apprentissages prévus sans intervention supplémentaire", mais à la condition que l'enseignement soit "explicite" et que le manuel d'apprentissage de la lecture soit "phonique strict".
Le "palier 2" concerne "des élèves qui n’ont pas réalisé les apprentissages attendus au palier 1", "l’enseignant doit y proposer des interventions supplémentaires (...) auprès de plus petits groupes d’élèves", pendant "une durée approximative de 8 à 16 semaines à raison de 3 à 5 séances d’environ 30 minutes par semaine".
Le "palier 3" s’adresse aux élèves qui nécessitent une remédiation, il "est typiquement confié à des enseignants spécialisés ou à d’autres spécialistes de la rééducation", avec des sous-groupes de 1 à 3 élèves pendant "plus de 16 semaines à raison de 4 ou 5 séances de 45 à 60 minutes par semaine".
Le CSEN propose d'utiliser pour ces temps de différenciation pédagogique l'heure d'APC (activités pédagogiques complémentaires), mais "ce n’est peut-être pas suffisant lorsque les difficultés sont importantes". Il propose "une option ambitieuse", réserver deux heures par jour à l’enseignement de la lecture ou des mathématiques, une première heure "consacrée à l’enseignement collectif en classe et la deuxième, au travail individuel ou en sous-groupes". Le CSEN ajoute que "dans certains cas, la mobilisation d’une équipe d’intervenants pourrait être nécessaire pour prendre en charge les différents sous-groupes d’élèves".
Il ajoute encore que "lorsque le pourcentage des élèves jugés à besoins ou fragiles est significativement plus élevé que 20 %, la priorité n’est pas de hausser l’efficacité des interventions au palier 2 ou 3, mais de relever celle du palier 1", sans davantage d'explications sur les formes que doit prendre la différenciation dans les classes qui concentrent le plus d'élèves en difficulté.
Le site du CSEN ici.

