Des innovations pour les jeunes en situation de handicap (Handilab)
Paru dans Scolaire, Périscolaire le mardi 11 février 2025.
A l’occasion des vingt ans de la "loi handicap", plus de 40 stands, tenus par des associations, des entreprises ou des institutions, exposaient leurs solutions ce 11 février au Handilab, un pôle d’innovation au service du handicap et de la perte d’autonomie à Saint-Denis. Si la majorité s’adressait aux personnes en situation de handicap de tous âges, certains visaient plus spécifiquement les enfants et adolescents. A noter la présence de plusieurs ministres, notamment Elisabeth Borne, Catherine Vautrin, Marie Barsacq.
Il y a vingt ans, Sylvie Sanchez a fondé l’association Créativ Handicap avec l’envie de rendre l’art, le numérique et l’information accessibles à tous. Une formation de création numérique destinée aux jeunes adultes en situation de handicap a été créée il y a cinq ans, "pour qu’ils soient acteurs de cette accessibilité universelle", avance Sylvie Sanchez. La dernière création de l’association est la plateforme d’éducation à la vie affective et sexuelle "Sous les draps" dont le site a ouvert en février 2023 et qui compte aujourd’hui 1 200 inscrits. Visant un public âgé de 15 ans et plus, elle est composée de vidéos interactives, de quizz, de personnages en 3D et de jeux, le tout en vue d’apprendre ou de découvrir ce qui relève de la vie affective et sexuelle. "Tout est en FALC (facile à lire et à comprendre, ndlr), les vidéos sont sous-titrées en LSF (langue des signes française, ndlr), et la CAA (communication alternative et améliorée, ndlr) est mobilisée, souligne la fondatrice de l’association. Au départ, la plateforme a été créée pour des personnes en situation de handicap, mais elle peut servir à tout le monde, pour celles et ceux qui ont des difficultés d’apprentissage ou avec le français par exemple."
Poppins est "un dispositif médical numérique", explique Elodie Bernard, chargée des relations extérieures pour l’application. Ce jeu vidéo est à destination des enfants dyslexiques entre 7 et 11 ans. "Nos recherches ont montré que les enfants qui utilisaient le jeu avaient amélioré leurs capacités de lecture en rapidité et précision." Cet outil se veut un complément à la rééducation orthophoniste et s’utilise à domicile. "Nous n’avons pas encore de partenariats avec l’Education nationale, dit Elodie Bernard. Mais nous aimerions élargir les moments d’utilisation de sorte à ce que l’enfant joue lors du temps scolaire s’il en a besoin."
Dédiée aux personnes atteintes de troubles dys, Glaaster est une intelligence artificielle qui leur vient en aide pour la lecture et qui peut être utilisée par les plus jeunes en soutien aux devoirs. "A l’entrée au collège, le risque de décrochage scolaire est grand chez les enfants dys parce qu’ils ont besoin de plusieurs heures pour faire leurs devoirs", explique Antoine Auzimour, co-fondateur de l’outil, qui a lui-même souffert de ces troubles dans sa scolarité. Après avoir réalisé une série de tests, l’IA définit les besoins de la personne et peut ainsi, dans le cas d’un élève, transformer ses devoirs de sorte à ce qu’ils soient compréhensibles pour le jeune et adaptés à son profil. A ce jour, la plateforme compte plus de 2000 inscrits et est utilisée dans quelques établissements scolaires de Paris (qui en ont fait le choix, aucun partenariat avec l’Education nationale n’ayant été acté). Une expérimentation est en cours dans un collège public dans le 13e arrondissement. "30 tablettes ont été données cette année et le rectorat suit le développement", précise Antoine Auzimour.

