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La classe de seconde trop souvent déconnectée du collège (Inspection générale)

Paru dans Scolaire, Orientation le lundi 10 février 2025.
Mots clés : IGESR, seconde, orientation

"Si la majorité des élèves poursuit sa scolarité en franchissant cette nouvelle étape (le passage en seconde, ndlr) comme les précédentes" et si "les relations qu’ils ont avec leurs professeurs sont jugées bonnes ou très bonnes par une grande majorité d’élèves", pour certains, "cette 'marche' se transforme en obstacle". C'est à cette minorité que l'Inspection générale consacre l'essentiel de son rapport sur la classe de seconde.

"Entre l’apprentissage 'par cœur' au collège et l’exigence d’analyse et d’approfondissement au lycée, entre la simple application au collège et la nécessité de l’organisation autonome au lycée ; entre la saisie simple de la leçon posée au tableau au collège et l’exigence d’une prise de notes attentive au lycée", certains sont perdus et "expriment leur désarroi et leur difficulté à comprendre ce que l’on attend d’eux." C'est moins vrai en lycée professionnel, "les professeurs s’intéressent davantage à l’élève" et l'un d'eux commente : "Le prof est plus avec nous, les profs s’intéressent à nous, ils nous suivent aussi pour les stages."

La difficulté se retrouve du côté des enseignants. "Si des relations informelles peuvent exister entre professeurs exerçant au lycée et professeurs des collèges environnants, elles demeurent isolées, relevant très majoritairement de discussions de personne à personne : quasiment aucun dispositif institutionnel pérenne n’est instauré pour assurer la continuité des apprentissages (...). Alors que chaque élève issu du collège est censé disposer d’un livret personnel de compétences dûment et précisément renseigné par l’équipe de son collège, il apparaît que les professeurs du lycée n’ont pas connaissance des éléments qui y sont portés." La réciproque est vraie. "La pratique judicieuse d’un envoi des bulletins des élèves arrivés en seconde dans leur ancien collège n’est que peu répandue."

Or les enseignants doivent prendre en compte un phénomène décrit comme "nouveau", "la forte hétérogénéité des groupes classes", "une hétérogénéité protéiforme, qui peut être liée au collège d’origine, à l’engagement scolaire, notamment dans le travail personnel, à l’état du projet d’orientation, à la confiance en soi, à l’environnement de travail… (...). Nombre d’équipes expriment des difficultés à maitriser et à assurer la prise en charge de cette hétérogénéité des élèves" et les enseignants sont tiraillés "entre les efforts de remédiation et l’exigence de tenir les attendus des programmes".

Alors qu'ils devraient les aider à pallier cette difficulté, les tests de positionnement en début de seconde ne sont pas mobilisés : "Force est de constater que cet outil ne trouve pas sa place dans de nombreux lycées." Quant à MIA seconde, une application d'intelligence artificielle, les enseignants la trouvent intéressante, mais "monotone", et elle "n’a pas encore fait la preuve de son efficacité".

L'IGESR s'intéresse aussi au processus qui amène en fin de troisième les élèves en seconde. Interrogés par la mission, "beaucoup ont évoqué le peu d’informations dont ils disposaient pour effectuer un choix éclairé (...). L’orientation en fin de troisième reste encore largement marquée par une hiérarchie des voies, des trajectoires et des parcours des élèves au bénéfice de la voie générale (occultant d’ailleurs la voie technologique) et au détriment de la voie professionnelle." Ce processus connaît des ratés, des élèves dont le niveau scolaire est très faible ont été affectés en seconde générale et technologique faute de place en lycée professionnel. Pour l'inspection générale, il faudrait "repenser les procédures d’affectation vers la voie professionnelle" et "faire évoluer Affelnet, afin que l’affectation dans la voie professionnelle prenne en compte la pertinence de la demande des élèves au regard de leur projet d’orientation et de leur projet professionnel."

Le rapport évoque longuement la question de l'orientation vers la voie technologique, il s'intéresse aussi au stage de fin d'année pour constater que "le tissu économique et associatif est en difficulté pour accueillir plus de 550 000 jeunes au même moment". Les auteurs s'intéressent encore à la problématique de l'engagement. Ils n'évoquent que très rapidement le SNU, mais soulignent que "les pédagogies actives d’éducation à la citoyenneté, tels que les projets citoyens, sont encore très peu développées au lycée". Si plus de quatre lycéens sur dix "sont engagés bénévolement dans des associations humanitaires et/ou de défense de l’environnement", 4 % des élèves et 10 % des élèves de lycée professionnel déclarent "ne vouloir participer aucunement à la vie de la cité". Si certaines formes d'engagement sont reconnues avec l’obtention de diplômes comme le BAFA, "d’autres engagements mériteraient eux aussi de voir reconnues les compétences acquises, par exemple par l’intermédiaire d’open badges". Mais les élèves de seconde peinent à trouver une place "dans certaines instances monopolisées par les élèves de terminale, désireux d’enrichir leurs dossiers Parcoursup (par exemple, rares sont les élèves de seconde élus au conseil de la vie lycéenne)".

L'état de santé des adolescents excède les problématiques spécifiques à la classe de seconde, mais l'IGESR met en garde, ces élèves sont fragiles ; on assiste au "doublement, entre 2012 et 2020, puis de nouveau entre 2020 et 2022, du taux d’hospitalisations pour geste auto-infligé de la patientèle féminine âgée de 10 à 19 ans". La crise sanitaire a provoqué une augmentation du mal-être et des cas identifiés de phobie scolaire, des problématiques d’addictions, de concentration, d'humeur, d'absentéisme... et les équipes sont mises en difficulté : "Nous éliminons (nos élèves, ndlr) alors qu’on devrait les accompagner", constate un enseignant.

Le rapport "La classe de seconde : étape-clé pour l’élève en termes scolaires, d’orientation et d’engagement, entre un collège qui évolue et des offres nouvelles au lycée" ici.

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