Petite section de maternelle : "les élèves nés au premier trimestre réussissent mieux" (Depp)
Paru dans Scolaire le vendredi 31 janvier 2025.
Mots clés : Maternelle, compétences, évaluation, ELFE
Le service statistique de l’Éducation nationale (Depp) a publié une note qui évalue les résultats d’élèves de petite section de maternelle dans trois domaines de compétences : l’acquisition du langage, les compétences en mathématiques et les fonctions exécutives, c’est-à-dire "l’ensemble des processus mentaux que met en œuvre une personne pour gérer ses comportements, ses pensées et ses émotions lors d’une situation nouvelle". Cette évaluation s’inscrit dans le cadre du nouveau Panel 2021 qui vise à suivre le parcours de 35 000 élèves de leur entrée en maternelle jusqu’à la fin de leur scolarité.
La Depp montre que, quels que soient le domaine évalué, ce sont les élèves nés au premier trimestre, donc les plus âgés, qui réussissent le mieux. Les deux autres caractéristiques qui jouent un rôle dans les résultats sont les PCS (professions et catégories socioprofessionnelles) des parents et le sexe. En maternelle et en première année d’élémentaire, l’effet du trimestre de naissance est le plus marqué, mais il ne disparaît pas totalement par la suite, étant "encore visible chez des élèves âgés de 15 ans".
Des "acquis plus solides" chez les filles
Dans les trois domaines, "les filles obtiennent des scores plus élevés que ceux des garçons". Pour autant la note précise que le sexe est la caractéristique pour laquelle les différences sont les moins importantes. Plus précisément, en mathématiques, les filles ont de meilleurs résultats, sauf pour un exercice particulier, celui de la reconnaissance du chiffre "3" sur une bande numérique. C’est à l’entrée au CP que cet écart en faveur des filles s’inverse.
S’agissant des compétences en langue (production orale ou approche de l’écrit), "les filles et les élèves les plus âgés sont surreprésentés dans le groupe des élèves les plus performants". Quant aux compétences transversales, les filles réussissent également mieux que les garçons. Elles mémorisent mieux, ont de meilleurs résultats en inhibition cognitive et en flexibilité cognitive. Et, "d’après leurs enseignants, les filles savent davantage s’arrêter et attendre leur tour que les garçons (68 % contre 53 %, soit + 15 points). Elles sont également plus nombreuses que ces derniers à ne jamais avoir de mal à finir ce qu’elles commencent (62 % contre 43 %)."
Le facteur social est plus fort en français et en mathématiques
L’écart relatif à la profession des parents importe également. Ainsi, en mathématiques, parmi les trois élèves sur dix qui réussissent moins de la moitié des exercices, "les élèves issus de milieux sociaux défavorisés ainsi que les élèves les plus jeunes sont surreprésentés". Quant à la conduite en classe, les enfants de milieux défavorisés sont aussi "plus souvent facilement distraits par ce qui se passe autour d’eux que les élèves de milieux sociaux très favorisés (25 % contre 14 %)". Cependant, ce n’est pas pour les fonctions exécutives que l’écart de score en fonction du milieu social est le plus fort, mais pour le français et les mathématiques. Spécifiquement pour le domaine du langage, les écarts de scores entre les élèves de PCS très favorisées et ceux de PCS défavorisées sont plus marqués qu’entre les élèves nés au premier trimestre et ceux nés au dernier trimestre.
La note invite à prolonger les recherches avec une étude qui analysera d’autres facteurs qui peuvent agir sur les compétences des élèves en petite section de maternelle. Parmi eux, "l’effet du mode de garde de l’enfant avant son entrée à l’école, dans la continuité des analyses de l’enquête Elfe qui ont mis en avant une meilleure acquisition du langage des enfants accueillis à 1 an en crèche".
La note ici.
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