Gel du Pass Culture : Sidération des personnels de direction (SNPDEN)
Paru dans Scolaire, Culture le vendredi 31 janvier 2025.
Les chefs d'établissement ont été "sidérés" d'apprendre hier jeudi 30 janvier que les moyens du Pass Culture collectif allaient être gelés. Selon les explications données par le SNPDEN, le syndicat UNSA des personnels de direction, les académies sont en train de communiquer aux établissements les modalités de suspension du dispositif. Alors que 150 M€ étaient prévus l'année dernière pour le dispositif, 97 M avaient été consommés, mais au budget 2025, le montant prévu est limité à 72 M, et le ministère a décidé d'en conserver 22 pour le début de l'année scolaire 2025-2026. Quelque 40 M auraient déjà été engagés par les établissements rien qu'au mois de janvier. Ne seraient donc disponibles que 10 M pour finir l'année scolaire. Le message est donc : dépêchez-vous de valider les projets en cours, ne seront financés que les projets déposés avant qu'ait été consommée l'enveloppe.
La logique du "1er arrivé, 1er servi" a créé dans les collèges et lycées, mais aussi chez leurs partenaires culturels une situation d'affolement. Pour l'organisation syndicale, le procédé "n'est pas acceptable", les personnels sont "ulcérés". Il signifie en effet que des enseignants voient soudain remise en cause l'organisation sur l'année scolaire d'un projet pédagogique qui devait se conclure, par exemple, par une sortie au théâtre.
"C'est créer une nouvelle crise alors qu'il aurait suffi que nous nous installions une heure autour d'une table pour dégager des solutions, utiliser les moyens disponibles sur l'année scolaire en sachant que nous aurions une autre temporalité l'année prochaine." Pour Bruno Bobkiewicz, secrétaire général du SNPDEN, la confiance est rompue alors qu'Elisabeth Borne s'était engagée à un renouveau du dialogue social. Il ajoute que la plupart des établissements ne pourront pas compenser sur leurs fonds propres, asséchés, le financement des projets qui ne le seront plus par le Pass Culture, d'autant que les collectivités ne voudront pas prendre le relais. "Cette politique du 'stop and go' est insupportable."

