Supériorité des garçons en mathématiques : aucune fatalité (CEE)
Paru dans Scolaire le jeudi 30 janvier 2025.
L'écart entre les résultats des filles et des garçons aux évaluations nationales en mathématiques "sont très légèrement en faveur des filles en début de CP", mais ils évoluent progressivement en faveur des garçons dès la mi-CP et "la France est le pays de l’OCDE dans lequel les écarts filles-garçons sont les plus élevés à l’école élémentaire." Le CEE, Conseil d'évaluation de l'école, a constitué sur le sujet un groupe de travail qui a montré que les moyennes masquent la réalité des situations dans les quelque 17 500 écoles pour lesquelles les résultats aux évaluations de CE1 sont disponibles pour 2021, 2022 et 2023. Les écarts sont en effet en faveur des garçons dans 53 % des écoles, des filles dans 30,5 % des écoles et ils sont négligeables dans 16,5 % des écoles.
"Lorsque l’on étudie les résultats des élèves de CE1 sur les trois années considérées, on observe des écarts fluctuants dans 81 % des écoles, tantôt en faveur des garçons, tantôt en faveur des filles, tantôt peu significatifs." Autre facteur qui influe sur la perception du phénomène, dans une classe qui compte 24 élèves, un écart de 17 points résulte d’une situation où le nombre de garçons affichant une maîtrise satisfaisante en résolution de problèmes est supérieur de deux au nombre de filles affichant la même maîtrise. "Ce résultat montre la difficulté, pour les enseignants de ces écoles, de s’approprier le sujet des inégalités filles-garçons en mathématiques. Le diagnostic doit en effet être redéfini chaque année."
Une étude de terrain menée par trois IEN (inspectrices du 1er degré) de l'académie de Versailles a mis en évidence, "à la marge" la persistance de quelques stéréotypes genrés, du type "les garçons ont plus souvent la bosse des maths", stéréotypes qui peuvent apparaître aussi dans le règlement intérieur de l'école et les consignes portant sur les tenues vestimentaires, mais les observations de classe ont surtout révélé des réalités allant à l'encontre du sentiment d'enseignants très surpris de se rendre compte qu'ils ne donnaient pas la parole aux filles dans les mêmes conditions qu'aux garçons, mais aussi que certaines filles évitaient de se mettre en avant de peur d'être signalées à des "grands frères". A noter aussi que les demandes faites aux enseignants spécialisés des RASED témoignent d'une priorisation de la lecture...
Autre enseignement de l'étude des résultats de plusieurs milliers d'écoles, "c’est dans le secteur privé sous contrat que l’on voit le plus souvent une stabilité en faveur des garçons et en REP+ le moins souvent". Outre-mer,"les situations stables en faveur des filles ou de l’égalité sont plus fréquentes".
Le CEE met à disposition des enseignants des grilles d’observation de l’activité des élèves en français et en mathématiques.
Le site du CEE ici

