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Les jeunes en grande difficulté d'insertion ont-ils bénéficié du programme PIC ? (Cour des comptes)

Paru dans Scolaire, Orientation le mercredi 29 janvier 2025.

Les jeunes en difficulté ont-ils bénéficié du PIC (programme d'investissement dans les compétences) 2018-2023 ? Pas vraiment, estime la Cour des comptes qui considère "que la dimension de transformation structurelle et globale n’a jamais été prise en compte ni fait l’objet de cadrage budgétaire, d’objectifs précis et opérationnels ou de définition des publics cibles".

A l'origine, le programme devait prioriser parmi les demandeurs d’emploi de longue durée et les jeunes NEET (ni en emploi, ni en études, ni en formation) "les deux millions qui sont peu ou pas diplômés afin qu’ils bénéficient d’actions réellement transformantes (formations longues, qualifiantes et certifiantes pour des effets durables, actions préparatoires à l’entrée en formation, etc.)". Mais le ministère du Travail en a fait "un plan à destination de tous les publics éloignés (...) de l’emploi" et le PIC est devenu "un plan pour l’emploi plutôt que de formation" sans distinction entre ceux qui sont diplômés ou pas, selon qu'ils nécessitent ou pas une formation. Le ministère "a privilégié des impératifs de baisse rapide du chômage, éloignés des préoccupations de transformation structurelle" qui étaient "prônée par le rapport Pisani-Ferry" à l'origine du programme.

Quatre dispositifs, le CEJ (le Contrat d’engagement jeune qui a remplacé la Garantie jeunes), le PACEA (Parcours accompagnement vers l’emploi et l’autonomie), les Écoles de la deuxième chance et l'EPIDE (Établissement pour l’insertion dans l’emploi), qui ne relèvent pas de la formation professionnelle stricto sensu mais plutôt de. l’accompagnement vers l’emploi "ont été intégralement basculés vers les lignes budgétaires du PIC sans aucune évolution qualitative ou pédagogique de leurs contenus".

Le constat n'est pas totalement négatif, "l'accès des jeunes peu ou pas diplômés à la formation" s'est "légèrement amélioré", même si l'effet du programme lui-même est difficile à mesurer : "Il est impossible au regard des données disponibles, d’identifier une causalité entre l’amélioration des taux d’accès à la formation, en particulier des jeunes, et la mise en œuvre du PIC", mais les jeunes sont plutôt satisfaits des efforts "d’individualisation et d’accompagnement à 360 degrés" des associations qui les ont pris en charge.

La Cour conclut néanmoins que le premier PIC n'était pas "un plan d’investissement temporaire et transformant mais bien un plan de financement", ce qu'a reconnu le ministère du Travail qui prévoit "un changement de gouvernance dans la mise en œuvre du PIC qui a, du point de vue de l’État, désormais vocation à s'inscrire dans le droit commun des politiques de formation destinées aux chômeurs et aux jeunes rencontrant des difficultés d'insertion". Un PIC 2 pour les années 2024 - 2027 a depuis été lancé.

Le rapport de la Cour des comptes ici, à noter que la Cour ne distingue pas systématiquement ce qui relève des actions qui s'adressent aux jeunes et celles destinées aux demandeurs d'emploi de longue durée.

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