Groupes, brevet, effectifs, école inclusive... le cap est maintenu, en attendant des évaluations
Paru dans Scolaire, Orientation le vendredi 17 janvier 2025.
Mots clés : DNB, effectifs, groupes, AESH
Un échec au DNB (le brevet des collèges) ne fera pas obstacle au passage en classe de seconde, c'est la principale concession au mouvement de protestation aux mesures du "choc des savoirs", elle est annoncée ce 17 janvier par le ministère de l'Education nationale. Son entourage donne des précisions sur l'utilisation des 4000 postes maintenus alors que l'année scolaire 2025-2026 devrait voir le nombre d'élèves baisser de 80 800 élèves dans le 1er degré public et de quelque 12 000 élèves dans le second degré public. A noter que n'ont été communiqués que des données relatives à l'enseignement public.
Dans le 1er degré public, seules les académies de Guyane et de Mayotte devraient gagner des élèves et elles devraient disposer de postes supplémentaires (+ 35 et + 80), ce qui est aussi le cas des académies d'Aix-Marseille et de Nice (+ 39 et + 60) alors qu'elles vont perdre des élèves. Toutes les autres académies (sauf Strasbourg) perdent des postes (-30 à Créteil et Versailles, - 127 à Lille, - 110 à Paris...). Au total, le 1er degré perd 470 postes, le nombre moyen d'élèves par classe devrait s'établir à la rentrée 2025 à 2,1 (contre 23,2 en 2017) (avant répartition de 200 emplois mis en réserve). Le ministère annonce (sans davantage de précisions) la création de nouvelles ULIS (unités localisées pour l’inclusion scolaire ) et de classes de toute petite section dans les quartiers prioritaires de la politique de la Ville. Ces moyens devraient permettre également de renforcer les brigades de remplacement.
Dans le 2nd degré public, Versailles, Créteil, Lyon, Strasbourg, Aix-Marseille, Nice, Mayotte vont voir leurs effectifs augmenter. C'est Créteil qui devrait voir le nombre de ses enseignants augmenter le plus (+ 320) suivie des académies de Versailles (+ 255), Aix-Marseille (+ 107), Mayotte (+ 102). En revanche, la Normandie perd 137 postes, Paris 92 postes, Poitiers 85 (avant répartition de 41 emplois mis en réserve)... Au total, le 2nd degré gagne 324 emplois auxquels s'ajoutent 170 emplois de CPE (+20 par rapport à ce qui était initialement prévu pour tenir compte de la création de nouveaux établissements).
Le schéma d'emplois pour l'enseignement privé "sera décliné par parité à celui défini pour l'enseignement public".
En ce qui concerne les "groupes de besoins" en 6ème-5ème, le ministère confirme qu'il attend de l'inspection générale une évaluation en deux phases, au printemps et au mois de juin, mais qu'ils seront maintenus en 2025-2026 pour en mesurer les effets pour les élèves qui les auront donc connus en 6ème et en 5ème. Ils pourraient donc être remis en cause à la rentrée 2026. En 4ème-3ème, le dispositif prévu (une heure par semaine) n'est pas maintenu, mais 542 postes supplémentaires doivent permettre aux collèges de "poursuivre la dynamique", le ministère "fait confiance" aux équipes pour trouver les meilleures voies d'accompagnement des élèves en difficulté. Ces postes sont pris sur les 324 emplois créés dans le 2nd degré et sur des "redéploiements".
La répartition entre contrôle continu et épreuves terminales au brevet sera bien modifiée pour passer de 50/50 à 40/60 et le contrôle continu est compris comme la moyenne des notes obtenues (et non plus par validation des compétences), comme le prévoyait déjà Anne Genetet. Pour les élèves admis en seconde et qui auraient échoué au brevet, des "dispositifs de soutien sont à l'étude". Les classes de "prépa-seconde" existantes sont provisoirement maintenues.
Le ministère confirme la création de 2 000 postes supplémentaires d'AESH (accompagnant d'élèves en situation de handicap) et le déploiement progressif des PAS (pôles d'appui à la scolarité) mais là aussi, il attend une évaluation et considère qu'il y a "d'autres dispositifs à imaginer" pour l'école inclusive. Est également prévue la création de 600 postes d'AED.
L'ensemble de ces mesures sont présentées aujourd'hui aux organisations syndicales siégeant au comité social d’administration ministériel de l’éducation nationale.
ToutEduc, média indépendant, assure un suivi exigeant de l’actualité des acteurs de l’éducation. Ce travail d’information a un prix, celui de vos abonnements. Pour vous permettre d’y accéder sans transfert de dépêches (sauf établissement scolaire), nous vous proposons des formules à tarifs dégressifs.

