Le gouvernement renonce à la suppression des 4 000 postes d'enseignants
Paru dans Scolaire, Orientation le jeudi 16 janvier 2025.
Mots clés : Postes, AESH, groupes, parcoursup, Mayotte, calendrier, vacances
La suppression des postes d’enseignants ne sera pas soutenue par le gouvernement dans le budget 2025. Devant les sénateurs, mercredi 15 janvier, François Bayrou, interpellé par le président du groupe socialiste Patrick Kanner, a répondu qu’il était "prêt à renoncer aux 4 000 postes" d’enseignants, mesure annoncée dans le projet de loi de finances de 2025 par le gouvernement Barnier.
La veille, lors de son discours de politique générale, le Premier ministre questionné par le député Boris Vallaud (PS), avait affirmé qu’il n’y aurait "pas un enseignant de moins devant les classes" et il a évoqué la "transformation de 2000 de ces postes en postes d’AESH (accompagnants d’élèves en situation de handicap)" (voir TE ici).
Ces formules ont depuis été précisées pour laisser place à une annonce sans équivoque. "Nous revenons sur la suppression des 4 000 postes d’enseignants", a affirmé Elisabeth Borne, dans un entretien au Parisien (édition de ce 16 janvier, sur le site du quotidien hier soir). "Nous allons stabiliser les effectifs d’enseignants, ce qui, dans le contexte de la baisse démographique, revient à augmenter le taux d’encadrement des élèves. Et dans le même temps, nous allons créer 2 000 postes d’AESH pour poursuivre la dynamique de l’école inclusive", explique la ministre de l’Education nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche. Ces 4000 postes représentent "150 millions d’euros en année pleine" ((soir 37 500€/poste, ndlr), précise-t-elle, avant d’ajouter que "le budget de l’Éducation nationale est sanctuarisé".
Elisabeth Borne annonce également "la création de 500 postes" afin d’assurer une heure de soutien en mathématiques et en français en 4e et en 3e. Et la ministre de préciser qu’une "marge de manœuvre" sera laissée à chaque établissement pour sa propre organisation dès la rentrée 2026. Des points qui devraient être éclaircis demain, lors de la présentation de la répartition des moyens par académie.
Alors que le Premier ministre avait, lors de son discours de politique générale, insisté sur le manque d’attractivité du métier d’enseignant, qui constitue un véritable frein au recrutement, Elisabeth Borne a annoncé "une concertation avec la communauté éducative pour une mise en place à la rentrée 2026". Une des hypothèses pour attirer davantage d’étudiants et améliorer leur formation est "d’ouvrir le concours à Bac + 3 et de former les professeurs pendant deux années, jusqu’à l’obtention de leur master 2".
Dans cet entretien au Parisien, la ministre ajoute au sujet des AESH "il faut qu'on voie comment leur proposer un vrai parcours professionnel".
Interrogée sur Parcoursup, elle estime que la réaction du Premier ministre à l'interpellation d'une députée "ne visait pas à remettre en cause Parcoursup" et elle s'interroge : "Pour mettre quoi à la place ?"
Sur Mayotte, elle annonce une rentrée "à partir du 27 janvier". "Une quarantaine d'écoles nécessitent des travaux de réparation plus importants et donc ne seront pas à même d'accueillir des élèves". La rentrée des enseignants "à partir du 20 janvier, doit permettre de trouver les bonnes organisations. Par exemple, il y aura des reports sur d'autres écoles, donc il faudra trouver des transports scolaires." La ministre devrait se rendre à Mayotte dans la semaine du 27.
Sur le calendrier scolaire, elle annonce que "les vacances d'été de 2025 ne changeront pas mais (que) pour 2026, cela dépendra de l'issue des discussions."
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