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La confiance en l’école dépend du milieu social et familial (baromètre VersLeHaut)

Paru dans Scolaire, Périscolaire le vendredi 10 janvier 2025.
Mots clés : Verslehaut, thinktank, confiance, quartiers prioritaires

Les jeunes qui ne sont pas aidés par leurs parents ont moins confiance en l’école. Voici un des résultats du baromètre annuel Jeunesse&Confiance publié ce 10 janvier par VersLeHaut, un think tank sur l’éducation, et mené en partenariat avec l’institut de sondage Opinionway. Cette 10e édition porte sur l’éducation dans la famille. A partir du recueil de la parole de quelque 1000 jeunes, 1000 parents et 400 chefs d’entreprise, l’étude vise à mieux comprendre le regard que portent les jeunes sur ce qui se vit en famille et celui des parents sur leurs missions éducatives et leurs relations avec l’institution scolaire.

L’étude précise que la représentativité des jeunes est assurée par "la méthode des quotas au regard des critères de sexe, d’âge, de catégorie socioprofessionnelle, de région d’habitation et de catégorie d’agglomération", celle des parents, "par la méthode des quotas au regard des critères du nombre et de l’âge des enfants".

On y apprend notamment que la relation à l’école dépend du milieu social et familial. Tandis que 71% des jeunes qui peuvent être aidés par leurs parents ont confiance dans le système scolaire, ce chiffre descend à 52% pour les jeunes moins accompagnés par leur famille. Du côté des parents, la confiance en l’institution scolaire est corrélée au niveau d’étude et au lieu de vie. Si de manière globale, un parent sur deux estime pouvoir compter sur les enseignants pour contribuer à leurs côtés à l’éducation de leurs enfants, cette part n’est que de 36% chez les parents les moins diplômés – inférieur au bac. Par ailleurs, 46% des parents qui n’ont pas le bac considèrent que l’éducation doit revenir pleinement aux parents, 31% chez ceux qui ont au moins obtenu ce diplôme. Prenant en compte la zone géographique, l’étude rapporte que 41% des parents vivant en zone rurale considèrent que les parents doivent être complètement en charge de l’éducation, contre 32% chez les urbains.

Un souhait de plus de liens entre école et familles, surtout pour les jeunes de quartiers prioritaires

La perception de l’école par les parents est aussi liée à l’âge de leur enfant. L’étude montre en effet que la confiance en l’école diminue à mesure que le jeune grandit. 78% des parents d’enfants âgés de 7 à 10 ans font confiance au système éducatif pour transmettre à tous les savoirs de base, et 64% pour favoriser l’épanouissement personnel de chacun. "Cette proportion tombe respectivement à 59% et 46%" pour les parents d’enfants âgés de 14 à 17 ans.

S’agissant des conflits entre famille et institution scolaire, s’ils sont perçus comme récurrents par les jeunes dans leur ensemble (42% estiment en avoir déjà souffert), la proportion monte à 55% chez les jeunes résidant dans les quartiers prioritaires (c’est 38% chez ceux qui n’y habitent pas).

Dans un contexte de tensions avec l’institution scolaire non négligeable (66% des parents disent en avoir déjà connues), "un appel à plus de proximité" est souhaité, avec 56% des parents qui "considèrent qu’une communication plus régulière pourrait améliorer la relation entre l’école et leur famille".

Chez les jeunes, ce sont ceux ayant fréquenté l’éducation prioritaire qui expriment le plus l’envie de renforcer les liens entre école et famille. 56% d’entre eux auraient aimé davantage de rendez-vous entre les enseignants et leurs parents (contre 33% chez ceux ne l’ayant jamais fréquentée). Cette volonté de rencontres plus fréquentes est aussi exprimée chez 53% des jeunes qui considèrent avoir une relation toxique avec leurs parents (contre 34% chez ceux qui estiment avoir une relation de confiance avec leurs parents). Cet écart "peut s’interpréter comme un appel à une plus grande implication des enseignants chez les jeunes issues de familles plus en difficulté", estime le rapport.

Des containtes familiales plus fortes chez les jeunes des quartiers prioritaires

Frein ou tremplin, la famille est vécue très différemment selon les jeunes dont les trajectoires sont influencées par les expériences vécues au sein de leur foyer. L’étude montre "une prédominance de la confiance comme qualité principale de la relation aux parents". Elle est cependant moins marquée chez les jeunes résidant dans les quartiers prioritaires avec seulement 47% qui la mentionne, contre 66% des jeunes ne résidant pas dans ces quartiers. Et "le sentiment de vivre une relation toxique avec ses parents est 10 fois plus présent chez les jeunes qui vivent des contraintes familiales fortes". Ces vécus contrastés ont souvent des incidences sur le parcours scolaire du jeune, celui qui bénéficie d’un cadre familial dans lequel il se sent en confiance ayant plus de chance de répondre aux exigences de l’école.

De manière générale, les contraintes familiales pèsent plus sur les jeunes issus de milieux défavorisés. Ce qui n’est pas sans conséquence sur leur orientation et leurs choix d’avenir. Ainsi, 70% d’entre eux ont dû renoncer à une formation à cause de responsabilités familiales. Ces contraintes peuvent être liées à la nécessité de contribuer aux revenus de la famille ou à celle d’aider des parents dépendants.

Un regain de confiance en l’avenir

Une note d’espoir, l'optimisme chez les jeunes "repart à la hausse après trois années consécutives de recul". Optimisme qui concerne leur avenir, la vie professionnelle ou politique, et même la planète. Mais les contrastes sont marqués entre les profils. La part des jeunes qui estiment que les entreprises leur font suffisamment confiance est plus forte chez les garçons que chez les filles, chez ceux qui ont déjà en emploi et chez les jeunes des quartiers prioritaires. Ces derniers sont aussi majoritairement convaincus par l’action publique : "Ils sont 61% à penser que les élus défendront leurs intérêts contre 31% des jeunes n’y résidant pas !", relève l’étude.

"Renoncer à ouvrir la boîte noire de la vie familiale, c’est donc passer à côté d’un pan déterminant de leur devenir et, dans une certaine mesure, condamner les politiques éducatives à l’impuissance", écrit dans son édito Stephan Lipiansky, coordinateur du cycle d’études. L’ouverture de cette boîte a permis au think tank de proposer des solutions inspirées d’initiatives sur le terrain données en exemple. Ces pistes concernent notamment le rapprochement entre l’école et les familles, l’enrichissement de l’offre éducative pour les jeunes parents ou encore le renforcement des dispositifs de prévention en protection de l’enfance.

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