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Un fort sentiment d'être méprisé chez les enseignants (sondage de P. Watrelot, blog de Mediapart)

Paru dans Scolaire le mercredi 08 janvier 2025.

"Mépris". C’est le mot qui arrive en tête, et de loin, pour définir l’actualité de l’éducation par les 697 enseignants qui ont répondu à l’appel de Philippe Watrelot. Depuis 2017, cet ancien professeur de sciences économiques et sociales, qui se présente aussi comme formateur et militant pédagogique, propose sur les réseaux sociaux de répondre à la consigne suivante : "Donnez trois mots pour caractériser l’éducation au cours de l’année".

Dans un billet de blog paru sur le club de Médiapart le 7 janvier, Philippe Watrelot analyse les résultats du sondage qu’il a lui-même conçu. Non sans reconnaître les limites du questionnaire, "sans prétention et (qui) n’a à proprement parler pas de valeur scientifique", le premier biais étant que les personnes qui se sont exprimées le suivent sur les réseaux, Philippe Watrelot propose avec ce nuage de mots "une photographie qui (lui) semble assez juste d’une partie de l’opinion enseignante".

Détail loin d’être anecdotique : le mot "mépris", qui n’apparaissait pas en 2017, a émergé sous l’ère Blanquer et n’a pas été détrôné depuis 2019. Des raisons multiples de ce mépris ressenti, retenons qu’il tient selon l’auteur "autant au management avec sa bureaucratie déresponsabilisante, à la politique salariale qu’à la perte de prestige et à l’image des enseignants dans l’opinion (ou du moins l’image que ceux-ci croient avoir…".

Le "Top 10" de 2024, constitué des termes comme "fatigue", "lassitude", "épuisement", n’a guère varié par rapport aux années précédentes. Une constante qui amène l’auteur à se demander : "comment réformer un système si les acteurs sont fatigués, en ‘souffrance’, se sentent méprisés et déclassés ?"

Une note positive est tout de même à relever, souffle nécessaire dans l’ambiance actuelle assez pesante. Les termes "espoir", "équipe", "projets", et même "plaisir" et "passion" apparaissent et allègent le nuage autrement "bien sombre et toxique". Et Philippe Watrelot d’en conclure : "Si ce plaisir d’enseigner existe, si les élèves et la belle mission de service public justifient l’engagement, ils ne peuvent servir de prétexte pour la culpabilisation. On a trop parlé de ‘vocation’ pour masquer le fait que nous exerçons un métier qui doit être reconnu à sa juste valeur pour son expertise et son rôle majeur dans la société".

Le billet de blog sur le Club de Mediapart ici.

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