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Erasmus+ a 35 ans : un programme de mobilité bien connu, mais dont l'image reste “perfectible“

Paru dans Scolaire, Culture, Orientation le jeudi 20 janvier 2022.

Le programme de mobilité Erasmus+, nommé ainsi en 2014 lors de la fusion de toutes ses entités (mobilité des élèves et étudiants, des apprentis, des enseignants, etc..), fête ses 35 ans ce jeudi 20 janvier. Un événement est prévu à la Maison de la Radio (en direct ici), auquel participeront Emmanuel Macron ainsi que différents ministres et des bénéficiaires.

Cette date se veut également l'occasion de se pencher en profondeur sur ce programme, ses qualités et défauts, alors que la France est le premier pays d'envoi d'étudiants Erasmus+, avec plus de 100 000 personnes qui y participent désormais chaque année. En 2019, 23 975 élèves (lycéens pro, apprentis, stagiaires) et 8 928 enseignants, formateurs et accompagnateurs ont eu une mobilité financée.

Ses ambitions sont importantes, ainsi que le décrit la directrice de la branche française Laure Coudret-Laut, qui évoque un objectif de 10 millions de citoyens européens en mobilité sur la période 2021-2027, quand on en dénombre 12 millions de sa création à aujourd'hui. Le budget de 28 milliards d'euros, est lui aussi “bien plus doté“ que le précédent (+80 % par rapport à la période 2014-2020).

Pour ses 35 ans, un sondage sur la notoriété et l'image du programme a été commandé à l'institut CSA. Julie Gaillot, qui le représente, explique qu'Erasmus+ est le premier programme Européen cité spontanément par 8 % des 2000 sondés, devant la PAC, ce qui lui fait dire qu' “il y a une envie d'Europe, une envie de découverte“. Elle ajoute à cela que “87 % des français ont déjà entendu parler d'Erasmus“ d'après ce sondage.

Cependant, elle constate que “l'image, elle, est perfectible“ avec le “poids très présent dans la tête des français de l'ancien programme“ : 52 % pensent qu'il est uniquement accessible aux étudiants. En somme, “il y a encore de la pédagogie à faire“, conclut Julie Gaillot. Ce déficit d'image se retrouve dans d'autres items du sondage, qui montrent par exemple que 73 % des parents et étudiants souhaiteraient avoir plus informations sur le programme, et 42 % d'entre eux qui ne savent pas si leur établissement y participe.

Ce constat est partagé par Rémy Moura, boulanger-pâtissier qui a effectué quatre mobilités lors de son apprentissage dans un CFA de Gironde. “A chaque mobilité on m'a proposé un emploi“, précise celui qui a pu embarquer pour Francfort ou Cambridge, et en vante les vertus. Mais il constate que “l'information manque cruellement, c'est dommage“ alors que “tout le monde a le droit de partir, mais tout le monde ne le sait pas“.

La mobilité des apprentis ne fait pas l'objet d'objectifs précis de la part de l'agence Erasmus+. Son directeur adjoint Sebastien Thierry parle d'un horizon de 15 000 apprentis mobiles : “hors crise sanitaire, (il) aurait été atteint“. Pour lui “c'est un axe fort du gouvernement, (..) une politique affirmée depuis plusieurs années“.

Plusieurs actions mises en œuvre récemment sont citées, comme l'institution de cinq bureaux locaux (Roubaix, Lyon, Marseille, Le mans, Caraïbes) en lien avec l'Education nationale, via les DRAREIC. Interrogé par ToutEduc, Sebastien Thierry explique que “dans chaque académie une stratégie d'ouverture internationale est mise en place, avec pour objectif d'associer écoles, collèges et lycées“, mais également avec les collectivités territoriales, qui “jouent un rôle et peuvent accompagner la mise en œuvre de ces mobilités“, précise-t-il.

Sont en outre évoquées des actions comme les référents mobilités instaurés dans chaque CFA, la formation dans les INSPE et la plateforme “etwinning“, ou encore l'EUROPASS, les compléments financiers pour l'accompagnement de certains établissements.

L'agence Erasmus+ lance une campagne de communication destinée à “lever les freins“ (idées reçues ou autocensure) et ciblant parents et jeunes.

A noter enfin des témoignages de mobilités enseignantes parus ce week-end chez nos confrères du JDD (voir ici).

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